Début du processus d'inscription sur les listes électorales au Sud-Soudan


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C'est ce lundi 15 novembre 2010 que débute le processus d'inscription des Sud-Soudanais sur les listes électorales en vue du référendum d'indépendance du Sud-Soudan, prévu en janvier 2011. Cinq millions de Sud-Soudanais environ sont susceptibles de s'inscrire d'ici le premier décembre 2010, date de clôture des listes. L'ONU a prêté main forte pour la logistique et de manière exceptionnelle, l'Union européenne a décidé d'envoyer une mission d'observation pour suivre cette phase cruciale.

Il y a des questionnements sur qui à le droit de s'inscrire...
L'eurodéputée Véronique de Keyser, qui conduira la mission d'observation de l'UE
10-10-2013 - Par Marie-Pierre Olphand

C'est sur la base de cette liste électorale que se fera le référendum. Avec une condition pour être validé : que 60% des électeurs aient voté. D'où l'intérêt d'avoir des listes fiables au nord comme au sud, sans doublon.

En théorie, les règles d'enregistrement des Sud-Soudanais sont claires. Elles sont notamment liées à l'appartenance à une tribu du Sud-Soudan, ou à la durée de résidence au sud. Ceux qui ne sont, par exemple, pas originaire de la région mais qui y ont vécu depuis 1956 sans interruption, devraient pouvoir voter.

Seulement, en pratique peu de Sudistes ont des documents qui attestent de leur histoire et de leur filiation, et la Commission référendaire n'a pas établi de listes des tribus du Sud-Soudan. L'inscription pourrait donc s'annoncer délicate, notamment pour ceux qui résident au nord, et qui seront enregistrés par une administration moins familière avec les critères définis.

Lors du précédent scrutin présidentiel d'avril, l'enregistrement des électeurs avait été critiqué par la Fondation Carter, qui avait notamment relevé beaucoup de retranscriptions erronées de noms. C'est pour cela notamment que l'Union européenne a décidé d'observer cette étape, contrairement à ses habitudes.

Rappelons que l'opération d'enregistrement se déroulera aussi à l'étranger pour la diaspora. Dans huit pays elle sera encadrée par l'Office international des migrations (OIM). Ce devrait être le cas en Egypte, où vit une importante communauté soudanaise, mais l'OIM n'a pas encore obtenu le feu vert des autorités, des retards sont donc à prévoir.