Somalie : des zones d'ombre planent sur la libération du couple britannique

Paul et Rachel Chandler ont été reçus au palais présidentiel de Mogadiscio après leur libération le 14 novembre 2010.
© REUTERS/Ismail Taxta

Paul et Rachel Chandler capturés par des pirates somaliens il y a plus d’un an, ont été libérés dans la matinée du 14 novembre 2010. Le couple britannique est arrivé à Nairobi au Kenya dans l’après-midi de dimanche et devrait rejoindre Londres rapidement. Les Chandler avaient été kidnappés alors qu’il naviguaient sur leur yacht au large des Seychelles. Les circonstances de leur libération restent floues notamment le montant de la rançon, le gouvernement britannique étant strictement opposé à tout versement de rançon.

Les Chandler sont arrivés en fin d’après-midi, dimanche, à l’aéroport international de Nairobi, où ils ont été officiellement pris en charge par les officiels de l’ambassade britannique. Mais leur voyage aura été long. Après avoir été relâchés dans la nuit du 13 au 14 novembre, ils ont dû d’abord se rendre dans un avion privé à Mogadiscio, à la villa Somalia, le palais présidentiel où ils ont rencontré le Premier ministre et le président du Parlement.

Ces derniers ont tenu à rappeler les efforts fournis de leur côté pour les libérer, sans préciser toutefois le montant de la rançon ni d'où provient la somme qui serait de plusieurs centaines de milliers de dollars, selon plusieurs sources.

Sur les photos envoyées par le ministère somalien de l’Information, Rachel et Paul Chandler sont souriants et semblent en bonne santé, bien qu’amaigris. Durant leur longue captivité, ils ont été la plupart du temps détenus séparément. Une tactique des ravisseurs pour exercer une pression supplémentaire sur les familles, mais surtout pour éviter le risque d’une opération commando.

En juin, une rançon de plus de 400 000 dollars avait été rassemblée, notamment par leur famille. Mais l’argent, via des intermédiaires peu fiables avait atterri dans de mauvaises mains prolongeant leur calvaire de cinq mois.

Les réactions de la presse britannique

Avec notre correspondant à Londres, Adrien Moss

La libération des deux ex-otages a été saluée par le Premier ministre, David Cameron, comme une «  formidable bonne nouvelle. Je condamne sans réserve les actions de ceux qui les ont détenus si longtemps », a dit le chef du gouvernement.

Les deux retraités : Paul et Rachel Chandler libérés par les pirates somaliens sont en première page de la plupart des journaux britannique ce 15 novembre.

« La liberté, mais à un prix », titre le Times. Une compagnie de consultants payée par leur famille aurait fait parvenir en deux fois aux ravisseurs, l’équivalent d’un million de dollars. Le gouvernement a catégoriquement démenti avoir participé au paiement de cette rançon.

Le Daily Mirror titre : « Un taxi pour la liberté ». Selon ce journal populaire, un chauffeur de taxi londonien, d’origine somalienne, aurait agi comme intermédiaire avec les pirates pour négocier la remise de la rançon.

Le Times écrit que l’« implicite message », selon lequel le paiement d’une rançon est efficace crée « un terrible précédent ».

Le Daily Telegraph déplore l’« inefficacité » des diverses forces navales envoyées dans cette région, et rappelle qu’actuellement les pirates somaliens détiennent 28 vaisseaux et 494 otages.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.