Contre-offensive médiatique du Maroc après le démantèlement du camp d'El-Ayoun


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Dix jours après le démantèlement du camp d’El-Ayoun au Sahara occidental où se trouvaient près de 15 000 personnes qui réclamaient de meilleures conditions de vie, le Maroc lance une contre-offensive médiatique pour convaincre que ce démantèlement a été pacifique. Après cette action qui a fait 12 morts, la communauté internationale a fait part de son inquiétude quant à  la méthode employée. Les autorités marocaines ont donc tenu une séance d'explication : documents et vidéo à l’appui. Du jamais vu dans le royaume.

« Voilà Mesdames et Messieurs la réalité. Il n’y a pas de bruit d’une seule arme à feu, et vous voyez que les milices tiennent entre leurs mains des armes blanches ». Ces propos sont ceux du  ministre marocain des Affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri.

Sur un écran géant sont projetées des images de la police marocaine. On y voit des forces de l’ordre, armées de seules matraques et de boucliers. En face, quatre, peut-être vingt jeunes, le visage en partie dissimulé par un chèche. Ils lancent des pierres, quelquefois des bonbonnes de gaz enflammé et tiennent des couteaux. C’était lors du démantèlement du campement d'El-Ayoun, le 8 novembre.

Pour le ministre des Affaires étrangères, ces images expliquent comment dix membres de la police marocaine ont pu être tués et l’un d’entre eux égorgé. Selon Taïeb Fassi Fihri ces fauteurs de troubles sont « soit des personnes recherchées par la police ou  la justice marocaine, soit des personnes au casier judiciaire extrêmement fourni. Des personnes pour certaines d’entre elles, entrées très récemment au Maroc dans le cadre de cette stratégie qui avait été arrêtée sur le territoire algérien ».

Le mot est lâché, indirectement le Maroc accuse l’Algérie d’avoir entraîné les fauteurs de troubles. Reste à savoir pourquoi Rabat a mis tant de temps avant de publier ces images. Rabat, qui le 16 novembre a réaffirmé son bilan : 10 policiers et 2 civils tués. Le Polisario, lui, parle toujours dizaines de civils morts sans préciser leur identité.