Le trafiquant d’armes Viktor Bout «était l’ami de tout le monde» - France - RFI

Expand Player
Play

À l'écoute Journal

 

  1. 00:00 TU Journal
  2. 00:10 TU Priorité santé
  3. 00:30 TU Journal
  4. 00:33 TU Priorité santé
  5. 01:00 TU Journal
  6. 01:10 TU 7 milliards de voisins
  7. 01:30 TU Journal
  8. 01:33 TU 7 milliards de voisins
  9. 02:00 TU Journal
  10. 02:10 TU Couleurs tropicales
  11. 02:30 TU Journal
  12. 02:33 TU Couleurs tropicales
  13. 03:00 TU Journal
  14. 03:15 TU Sessions d'information
  15. 03:30 TU Journal
  16. 03:33 TU Sessions d'information
  17. 03:40 TU Accents d'Europe
  18. 04:00 TU Journal
  19. 04:15 TU Sessions d'information
  20. 04:30 TU Journal
  21. 04:33 TU Sessions d'information
  22. 04:37 TU Grand reportage
  23. 04:57 TU Sessions d'information
  24. 05:00 TU Journal
  25. 05:15 TU Sessions d'information
  1. 00:00 TU Journal
  2. 00:10 TU Priorité santé
  3. 00:30 TU Journal
  4. 00:33 TU Priorité santé
  5. 01:00 TU Journal
  6. 01:10 TU 7 milliards de voisins
  7. 01:30 TU Journal
  8. 01:33 TU 7 milliards de voisins
  9. 02:00 TU Journal
  10. 02:10 TU Couleurs tropicales
  11. 02:30 TU Journal
  12. 02:33 TU Couleurs tropicales
  13. 03:00 TU Journal
  14. 03:15 TU Sessions d'information
  15. 03:30 TU Sessions d'information
  16. 04:00 TU Journal
  17. 04:15 TU Sessions d'information
  18. 04:30 TU Sessions d'information
  19. 05:00 TU Journal
  20. 05:15 TU Sessions d'information
  21. 05:30 TU Sessions d'information
  22. 06:00 TU Journal
  23. 06:15 TU Sessions d'information
  24. 06:30 TU Journal
  25. 06:43 TU Sessions d'information

Dernières infos

fermer

Afrique

Afghanistan Etats-Unis Liberia RDC Russie

Le trafiquant d’armes Viktor Bout «était l’ami de tout le monde»

media

Le trafiquant d'armes russe présumé Viktor Bout a plaidé non coupable devant un tribunal de New York mercredi 17 novembre, au lendemain de son arrivée aux Etats-Unis après son extradition de Thaïlande, une opération menée tambour battant et qui a suscité la colère de Moscou. Au micro de RFI, Johan Peleman, chercheur belge et ancien expert des Nations unies sur les trafics d'armes rappelle la dimension internationale, et notamment africaine, des activités de Viktor Bout.

RFI : Quand les Américains disent que Viktor Bout était un des trafiquants d’armes les plus prolifiques du monde. Est-ce qu’ils ne forcent pas un peu le trait ?

Johan Peleman : Je pense que pour les années 90, il était quand même un des trafiquants les plus importants en Afrique et en Asie. Il avait une opération intégrée, c’est-à-dire qu’il n’avait pas de dépôt d’armes et il avait un accès assez privilégié aux anciens stocks soviétiques. Et donc il achetait les armes, il les transportait lui-même et il était également dans le troc. Il achetait par exemple des métaux, des diamants, en Afrique, de l’or, de la cassitérite, du coltan. Il avait des sociétés écran tentaculaires.

RFI : On dit que l’un de ses plus gros coups a été le Liberia des années Charles Taylor. Est-ce qu’il est devenu, comme le montre le film américain Lord of War, un intime de Charles Taylor et de son fils Chuckie ?

J.P. : Difficile à dire. Il avait une personne sur place, un Kenyan d’origine indienne, qui travaillait pour lui en Afrique et qui lui était dans l’entourage de Charles Taylor.

RFI : Et ce Kenyan, qu’est-ce qu’il est devenu ?

J.P. : Sanjivan Ruprah a été arrêté en Italie début 2002. Il a été relâché et il paraît qu’il sillonne encore l’Afrique. Mais ce qui était un peu spécial avec Viktor Bout, c’est qu’il maîtrisait beaucoup de langues, donc il avait beaucoup de connaissances au plus haut niveau souvent dans plusieurs pays.

RFI : Pour qui Viktor Bout a-t-il vendu des armes dans la longue guerre du Congo-Kinshasa ?

J.P. : Le cas le mieux connu est celui de son amitié avec Jean-Pierre Bemba. Les premières photos qui ont été prises de Viktor Bout, qui sont même sur internet, étaient d’un journaliste qui visitait Jean-Pierre Bemba et qui voyait ce type russe qui était toujours à côté de Bemba. Il savait que c’était un personnage important parce qu’il avait plusieurs garde-corps très bien armés. C’est après qu’on a identifié Viktor Bout qui avait alors vendu des armes à Bemba, mais également des avions, des petits porteurs, des hélicoptères… en échange de grandes quantités de café. Mais il ne travaillait pas seulement pour la rébellion MLC de Bemba, il travaillait également pour le gouvernement à Kinshasa. Nous avons des copies de factures pour une opération de guerre avec des Iliouchine. Il y avait encore un troisième groupe qui s’approvisionnait auprès de Viktor Bout, c’était le RCD Goma.

RFI : En fait, il vendait des armes en même temps à tous les belligérants, c’est ça ?

J.P. : Effectivement, à travers des sociétés écran différentes, donc il était un peu invisible derrière, mais c’était toujours avec ses avions, son approvisionnement.

RFI : Est-ce que les belligérants savaient que Viktor Bout vendait des armes à la fois à leurs adversaires et à eux-mêmes ?

J.P. : J’imagine qu’ils le savaient quand même, puisqu’il était probablement le plus efficace sur le marché, le plus rapide à livrer. Il était l’ami de tout le monde.

RFI : On dit qu’en Irak et en Afghanistan, il est arrivé à Viktor Bout de transporter et de vendre des armes pour le compte des Américains ?

J.P. : Oui, effectivement. Jusqu’à au moins 2004-2005, les avions de Viktor Bout approvisionnaient le magasin hors taxe de l’armée américaine en Afghanistan. Donc il était utilisé par le Pentagone tandis qu’en même temps, les Affaires étrangères et les services judiciaires étaient sur ses traces.

RFI : Alors pourquoi les Américains veulent-ils aujourd’hui le faire condamner comme un marchand de mort ?

J.P. : C’est juste après 2001 quand on apprenait que Viktor Bout était probablement également impliqué dans les trafics pour les talibans, qu’il avait transporté des roquettes sol-air qui pourraient être utilisées pour des fins terroristes…

RFI : Pour abattre des avions ?

J.P. : Effectivement. Les grands Etats membres des Nations unies ont commencé à s’intéresser à son cas. Mais il est vrai que les Américains ou les autres grands pays ne se sont jamais intéressés à ce que faisait Viktor Bout dans les années 90. Ces conflits en Afrique, l’approvisionnement de toutes ces rébellions, il y avait très peu d’intérêt pour ce genre de transactions.

RFI : Donc la faute tactique de Viktor Bout, c’est qu’après 2001, il ait continué de vendre des armes à des gens qui étaient devenus des adversaires directs des Américains ?

J.P. : Il semblerait, oui.

RFI : Ce qui frappe depuis mardi, depuis son extradition, c’est la vigueur de la réaction de Moscou. On se croirait revenus au temps de la Guerre froide et pourquoi ?

J.P. : Difficile à dire. Nous avons toujours considéré que l’affaire de Bout était un aspect typique de l’après Guerre froide, donc d’anciens de services secrets qui s’étaient privatisés et ne dépendaient pas tellement des Etats. Il n’est pas vrai que Viktor Bout s’approvisionnait en armes seulement en Russie. On a documenté beaucoup de cas où il y avait des armes qui venaient de la Moldavie, de la République tchèque, de la Slovaquie, de l’Ukraine, de la Bulgarie, donc on ne peut pas dire qu’il travaillait pour Moscou. Je pense que c’est plutôt un réflexe patriotique ou nationaliste du côté de la Russie de voir un des leurs arrêté et envoyé dans une prison américaine.

RFI : Comme l’a montré l’affaire de l’Angolagate, il n’y a pas que Viktor Bout. Il y a Pierre Falcone et bien d’autres. Est-ce que l’arrestation de Viktor Bout, ce n’est pas une goutte d’eau dans la mer des trafiquants d’armes ?

J.P. : Il est clair que si Viktor Bout n’est plus capable, il y en aura toujours d’autres qui vont reprendre sa place. Toujours est-il que c’est un exemple assez spectaculaire et ça a été documenté aussi par les Nations unies. Donc je pense que c’est un cas exemplaire et il y a quand même un effet de dissuasion qui pourrait en résulter.

Propos recueillis par Christophe Boisbouvier

Une erreur est survenue lors de l'envoi du mail...
Le mail a bien été envoyé

Sur le même sujet

Commentaires

 
Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.