Guinée : les instances internationales désapprouvent les violences pour maintenir l'ordre


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Le calme semble revenu en Guinée à la suite de l’instauration de l’état d’urgence. Différentes organisations et institutions internationales ont pourtant tenu à commenter les violences et la répression brutales qui ont eu lieu en début de semaine. Le Conseil de sécurité de l’ONU, le HCDH et la CPI ont fait part officiellement de leur inquiétude ou de leur désapprobation. Ils appellent les deux candidats de l’élection à contenir leurs militants et les forces de sécurité à respecter les civils.

Le Conseil de sécurité de l’ONU avait déjà, le 18 novembre,  déploré les troubles qui ont eu lieu en Guinée. Il avait à la fois « exhorté » les dirigeants politiques guinéens à éviter tout acte qui pourrait inciter à la violence et insisté sur la « responsabilité des forces de sécurité et des responsables gouvernementaux dans le maintien de l'ordre et la protection des civils  .

Le lendemain, c’est le HCDH , Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, qui a réagi à son tour aux violences du début de la semaine en se disant « profondément préoccupé par la manière dont les forces de sécurité de Guinée ont répondu à une série de manifestations (…), faisant un usage excessif de la force et ouvrant le feu sur des manifestants non armés »

Selon le Haut commissariat, « les agents de la Force spéciale de sécurisation du processus électoral (Fossepel) et les unités ‘Béret rouge’ ont tiré sur des manifestants à balles réelles dans plusieurs quartiers de Conakry, dont Hamdallaye, Cosa, Bambeto et Koloma ».

L’institution exhorte les autorités guinéennes et les forces de sécurité, mais aussi les dirigeants politiques et leurs militants « à s'abstenir de toute violence et incitation à la haine ethnique ».

La CPI, Cour pénale internationale, de son côté, a également lancé une mise en garde à la suite des exactions commises en ce début de semaine. Dans une déclaration, la procureure- adjointe de la Cour, Fatou Bensouda, affirme que la CPI observe attentivement la situation en Guinée. « Tout acte de violence, prévient elle, sera minutieusement examiné (…) en vue de déterminer si des crimes relevant de la compétence de la Cour sont commis et devraient justifier une enquête ».