Les étudiants de Conakry dans l’attente d'une sortie de crise

Vie quotidienne à Conakry.
© Reuters

Après les violences post-électorales en Guinée, et l'instauration de l'état d’urgence qui restera en vigueur jusqu'à la proclamation des résultats définitifs de la présidentielle, fixée au plus tard au 2 décembre 2010, Conakry retrouve une vie normale. Les rues grouillent de monde, les marchés sont en pleine effervescence. L’université de la ville est déserte mais des étudiants se retrouvent pour entamer des discussions, et se projeter vers l’avenir.

Assis sous un arbre derrière la voie de chemin de fer au pied des bâtiments de l’université déserte, quelques étudiants tuent le temps en attendant que tout cela se termine, avec l'espoir qu’on en finisse avec la violence. « Nous sommes sortis depuis 2006. D’année en année, les jeunes ne font que mourir. Explique un étudiant. On a crié haut et fort pour la démocratie. Nous sommes au seuil d’avoir un président civil. Donc, c’est la dignité qui gagne. Que ce soit Alpha ou Dalein, ils ne viendront pas pour leur ethnie. Ils viendront pour travailler pour toute la nation ».

Lorsqu’on leur demande qui est responsable de tout cela, ils évoquent les politiciens, les manipulations, mais aussi, l’ignorance. Jean se fait un devoir d’aller prêcher dans les quartiers la bonne parole. « Nous devons servir de conseillers auprès de nos parents, puisque eux, bon, ce n’est pas de leur faute, la chance qu’on a eu d’étudier, ils ne l’ont pas eu, ce qui emmène des problèmes comme ça ».

Eux qui aimeraient bien qu’on les laisse étudier. Ils en veulent parfois, comme Sidibé, aux générations précédentes : « ceux qui n’ont pas d’avenir n’ont que des souvenirs, ne peuvent pas aussi raisonner comme nous. Et je crois qu’on peut se donner la main maintenant pour que le pays là, fonctionne à merveille ».