Les accusations du témoin n°38 au procès de Jean-Pierre Bemba

Le banc des procureurs au procès de jean-Pierre Bemba à la Haye, le 22 novembre 2010.
© REUTERS/Michael Kooren

Le procès de Jean-Pierre Bemba se poursuit devant la Cour pénale internationale à La Haye, avec l'audition du 1er témoin. L'homme, au visage dissimulé et à la voix transformée, est présenté sous le nom de témoin numéro 38. Depuis ce mardi, il raconte les exactions commises, en 2002 et 2003 en Centrafrique, par les hommes de Jean-Pierre Bemba.

Avec notre envoyée spéciale à La Haye, Ghislaine Dupont

Difficile, ce mercredi, de suivre l’audience, interrompue à de nombreuses reprises. Lorsque la présidente de la Cour déclare le huis-clos, les micros et les écrans se ferment. Du coup, lorsque la séance reprend, le sens des questions ou des réponses n’est pas toujours très compréhensible.

Pendant l’interrogatoire, l’accusation est revenue longuement sur les déclarations du témoin, pour lui faire préciser certains faits. La procureure adjointe s’est ensuite intéressée à la visite de Jean-Pierre Bemba au fameux PK 12 de Bangui où était installé le quartier général de ses troupes. Le témoin a raconté que l’ex-chef rebelle était venu parler à ses hommes mais qu’il n’avait pas voulu rencontrer la population qui manifestait bruyamment pour dénoncer les exactions subies quotidiennement.

- Y a-t-il eu un changement de comportement des rebelles après cette visite ? questionne la procureure Fatou Bensouda.
- Non, les exactions se sont poursuivies ; la population a continué à souffrir.
- Pendant combien de temps ont continué les viols ?
- Pendant tout le temps où les rebelles étaient là, jusqu’en mars 2003.

La procureure omet de demander au témoin où les hommes trouvaient les femmes si la population, comme il l’avait déclaré précédemment, avait dans sa grande majorité fui la zone.

- Savez-vous combien de témoins ont été tués ?
- Je ne sais pas. Le témoin réfléchit et compte : Moi, j’ai vu quatre corps.

La défense qui démarre ce jeudi le contre-interrogatoire va s’employer à mettre en doute la crédibilité du témoin n°38.


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