Présidentielle en Côte d'Ivoire : débat télévisé courtois entre les deux finalistes

Laurent Gbagbo (G) et Alassane Ouattara (D) en « off » à l'occasion du débat télévisé, le 25 novembre 2010.
© AFP PHOTO / OFF TV

Pour la première fois dans l’histoire de la Côte d'Ivoire, un débat télévisé a opposé le 25 novembre au soir les deux candidats au second tour de la présidentielle, qui aura lieu dimanche 28 novembre. Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara se sont notamment engagés à respecter les résultats. Compte rendu de l’un des envoyés spéciaux de RFI.

« J’ai bien aimé le ton de l’émission », a lancé le modérateur, Pascal Brou Aka, visiblement soulagé à la fin de ce débat de deux heures trente entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara sur le plateau de la Radio-télévision ivoirienne (RTI). « Et les Ivoiriens aussi. Vous savez qu’ils sont inquiets, et que beaucoup ont fait des provisions pour dimanche… ».

Débat Gbagbo / Ouattara : le coup d'état de 1999
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Ce qui a frappé les millions d’Ivoiriens qui ont suivi hier soir ce face-à- face Gbagbo-Ouattara, c’est la cordialité des échanges entre les deux finalistes, debout derrière leur pupitre. Bien sûr, il y a eu des moments de tension. Notamment au début de l’émission, quand le président sortant a accusé son adversaire d’être responsable des coups de force de 1999 et 2002, et donc de l’instabilité des ces onze dernières années – citations à l’appui. « Ah bon », a répliqué Alassane Ouattara. « Moi aussi, je peux citer plusieurs phrases de l’époque prononcées par Laurent Gbagbo. Mais ça ne prouve rien ».

Même à cet instant, l’échange est resté courtois. Avant de porter son attaque, Laurent Gbagbo a eu cette précaution oratoire : « C’est là qu’il y a la plus grande divergence entre mon frère Alassane et moi ». Un peu plus tard, le Président sortant a encore lancé : « Non, sur la dette extérieure, je ne vais pas polémiquer avec le Premier ministre. On est assez civilisé comme ça ».

Respect du verdict des urnes

Débat Gbagbo / Ouattara : les résultats de la CEI
10-10-2013 - Par RFI

Pas d’insultes, pas de mots blessants… Visiblement, les deux candidats ont entendu les multiples appels à la modération lancés par la société civile et les religieux. Au début, les deux hommes étaient crispés, presque timides. Puis, Alassane Ouattara a cassé la glace en disant, un rien goguenard : « Mais Laurent, d’habitude, on se tutoie ! ». « Oui, mais le moment est un peu solennel », a répondu le président sortant.

Un peu plus tard, les deux finalistes se sont taquinés sur le thème : « Dimanche soir, c’est toi qui m’appellera pour me féliciter de ma victoire ». « Non, c’est vous qui me téléphonerez pour me dire bravo »… Petit éclat de rire. Au-delà des plaisanteries, l’essentiel est là : les deux hommes ont promis de respecter les résultats qui seront annoncés lundi – ou mardi ? – par la Commission électorale indépendante. Brou Aka, l’animateur, était tellement content qu’il a demandé à ses deux interlocuteurs de réitérer leur engagement – ce qu’ils ont fait.

Débat Gbagbo / Ouattara : le couvre-feu
10-10-2013 - Par RFI

Un point peut tout de même faire controverse : l’annonce surprise par Laurent Gbagbo d’un couvre-feu dimanche soir à partir de 22 heures. Alassane Ouattara s’est dit étonné de ne pas avoir été prévenu, et a estimé que cela pourrait dramatiser la situation, sans vouloir aller plus loin dans la polémique.

Laurent Gbagbo, candidat finaliste de l'élection présidentielle ivoirienne
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A la fin, après une petite hésitation, les deux hommes, apparemment satisfaits d’avoir conservé leur sang-froid, se sont serré la main et se sont donné l’accolade, tout sourire. Le bon mot qui restera, c’est peut-être ce moment où Alassane Ouattara a lancé : « Tu as fait deux mandats, c’est bon ! », et où Laurent Gbagbo a répliqué du tac au tac : « Non, j’ai fait deux mandats en un, et c’est à cause de vous ! ».

Ecoutez les deux candidats, Invités Afrique de RFI :

Laurent Gbagbo, le vendredi 26 novembre

Alassane Ouattara, le jeudi 25 novembre

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