Côte d'Ivoire : Laurent Gbagbo a prêté serment

En Côte d'Ivoire, ce samedi 4 décembre 2010, alors que Laurent Gbagbo a prêté serment à la mi-journée depuis le palais présidentiel, à l'étranger, les réactions estimant qu'Alassane Ouattara a gagné, selon les résultats annoncés par la CEI, sont de plus en plus nombreuses : l'ONU, comme la Cédéao. Nicolas Sarkozy aussi a réagi de manière très explicite, affirmant que la victoire d'Alassane Ouattara était incontestable. Dans la capitale ivoirienne, l'atmosphère générale est tendue et l'on signale plusieurs morts et des blessés.

Avec nos correspondants et envoyés spéciaux,

Du côté de la classe politique ivoirienne, on a appris ce samedi 4 décembre en fin de matinée que le Premier ministre Guillaume Soro reconnaissait Alassane Ouattara comme président de la Côte d’Ivoire, et entendait démissionner dans les heures qui viennent de son poste de Premier ministre de Laurent Gbagbo.

Guillaume Soro
10-10-2013 - Par RFI

Dès hier, Guillaume Soro avait exprimé son « net désaccord sur l’annulation des votes de plusieurs centaines de milliers de voix dans sept départements du centre et du nord de la Côte d’Ivoire ». Il avait indiqué que « cet arrêt du Conseil constitutionnel portait gravement atteinte aux idéaux de réunification et de réconciliation nationale ».

La France ne sera pas représentée à la cérémonie d’investiture

Nourredine Mezni, porte-parole du président de la Commision de l'Union Africaine
10-10-2013 - Par Stanislas Ndayishimiye

Du côté d’Alassane Ouattara, qui se trouve toujours ce samedi midi à l’hôtel du Golfe, la cérémonie d'ivestiture de Laurent Gbagbo est considérée comme nulle et non avenue, puisque dès hier soir, l’ancien Premier ministre s’était déclaré président élu de Côte d’Ivoire. Et après les félicitations reçues la nuit dernière de la part de Paris et de Washington, sa détermination ne peut être que renforcée.

Nicolas Sarkozy, sur la situation en Côte d'Ivoire
10-10-2013

Du côté des représentants de la communauté internationale, on sait déjà que la France n'est pas représentée à cette cérémonie d’investiture. Quels ambassadeurs accrédités à Abidjan auront fait le déplacement ? C’est l’une des questions du jour.

Enfin, côté Nations unies, après la décision du représentant spécial Youn-jin Choi de certifier hier la victoire d’Alassane Ouattara, il aurait été étonnant qu’il soit présent à la cérémonie aujourd’hui.


Des incidents signalés à Abidjan

Photo du quartier de Treicheville, à Abidjan, prise le 4 décembre 2010 à 10H30 T.U. Des fumées noires s'échappent de pneus enflammés. © RFI/Claude VERLON

Les premiers incidents de ce jour ont été signalés ce samedi 4 décembre vers les cinq heures trente du matin à Port Boué, non loin de l’aéroport et de la base militaire française. Les forces de défense et de sécurité ivoiriennes ont ouvert le feu pour des raisons encore inconnues. Selon plusieurs sources, il y a eu des tirs à l'arme lourde et deux personnes sont mortes dans des circonstances encore floues.

Les armes légères ont également crépité à Abobo, une commune pro-Ouattara. On a signalé également des incidents à Yopougon, une commune plus favorable à Laurent Gbagbo. Aujourd’hui, à Abidjan, ce sont en fait les jeunes du RHDP qui manifestent leur courroux, érigeant en divers points de la ville des barricades.

Depuis ce matin une épaisse fumée noire de pneus brûlés remonte dans le ciel depuis les communes de Koumassi et Treicheville. Des coups de feu sporadiques et de fortes détonations ont été entendues ces dernières heures.

Photo du quartier de Treicheville, à Abidjan, prise le 4 décembre 2010 à 10H30 T.U. Des fumées noires s'échappent de pneus enflammés. © RFI/Claude VERLON

Dans la résidentielle Cocody, les accès au siège très stratégique de la radio-télévision ivoirienne sont bloqués par des barrages des forces de l’ordre. Le quartier administratif du Plateau lui est très calme.

S’il y a eu, c’est certain, des morts et des blessés depuis hier après-midi, à Abidjan il est encore impossible de donner un bilan précis. Pour l’heure, on peut parler d’incidents localisés mais pas d’insurrection générale ni de répression massive. Il faut cependant se garder de toute conclusion définitive car, actuellement, la situation évolue très vite.

En raison de l’affluence exceptionnelle des réactions et des propos virulents contenus dans nombre d’entre elles, RFI a décidé de fermer provisoirement les commentaires à cet article.