Les nouvelles technologies, outils et objets du développement


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«Les jeunes d'aujourd'hui sont plus ouverts sur le monde et nous n'avions pas Internet» Le constat est venu de l'ancien ministre malien Ousmane Sy, intervenant du séminaire Cinquante années d'indépendances africaines et après ? Nouveaux partenariats, nouvelles générations qui s'est tenu le 13 décembre 2010 au Jardin tropical de Paris. Son commentaire ponctuait les propos des étudiants de la filière coopération et développement sur leur avenir. L'expansion des nouveaux moyens de communication et nouvelles technologies a favorisé la mondialisation des organisations non gouvernementales mais ils sont devenus aussi eux-mêmes sujets à développement.

«Éradiquer les préjugés et les images mentales» est le souhait exprimé par les étudiants parisiens des filières spécialisées de la coopération et du développement.

C'est ce que s'attache à faire l'organisation Global Voices, fondée par Ethan Zucherman en 2004, et soutenue par le Berkman Center for Internet and Society de la faculté de droit de l'université de Harvard, à Boston (États-Unis).

Intervenante dans le séminaire qui a réuni des acteurs, professionnels de l'aide au développement et les étudiants des filières spécialisées au Jardin tropical de Paris, ce 13 décembre, la représentante française de Global Voices, Claire Ullrich a rappelé que le réseau de 200 blogueurs que compte l'association a comme principal souci de faire remonter les informations et les courants de pensée qui n'existent pas sur les grands sites de média et ainsi, de rendre visibles certaines zones géographiques de la planète dans l'actualité.

Global Voices s'appuie beaucoup sur les blogueurs des diasporas, notamment africaines. Les exilés de tout pays ont en effet le souci de rester en contact avec leurs familles, à défaut avec l'actualité de leurs régions d'origine, tout autant que de reserrer les liens avec leurs compatriotes qui vivent dans des conditions similaires. Les relais s'établissent naturellement et les membres de la diaspora, multilingues, se font traducteurs bénévoles à l'occasion.

Deux priorités se dégagent aujourd'hui dans les communautés virtuelles de l'aide au développement : «alléger les connexions Internet» et réduire les frais dans les transferts bancaires.

Alléger les connexions, c'est économiser la consommation de temps et d'énergie, réduire les temps de connexion, inventer de nouveaux formats de présentation (SMS, téléphones mobiles), ce que Claire Ullrich résume par «technologie frugale». Au passage, la jeune femme, qui collabore au site kenyan Ushahidi (fournisseur d'outils de synthèse et d'analyse dans les situations de crise) constate que les innovations viennent plus souvent de la sphère anglophone africaine que de la sphère francophone et regrette qu'il n'y ait pas «plus de compétition dans la zone francophone en matière technologique». Les Kenyans, pionniers dans le développement d'Internet sur le continent, ont d'ailleurs mis en ligne un site communautaire, iHub,  où informaticiens, hackers, investisseurs et entreprises de haute technologie peuvent échanger leurs idées. «J'aimerais voir développer ce genre de plate-forme côté francophone, confie la représentante de Global Voices, ces réseaux de spécialistes relaient le désir d'échanges inter-régionaux exprimé par les internautes

Épinglées comme «freins au développement», les commissions liées au transfert d'argent sont l'objet d'attention des banques et des fournisseurs de services Internet depuis un peu plus d'un an. Les procédures sur téléphones mobiles, qui permettent de diviser par cinq les frais bancaires, ne s'appliquent pour l'instant qu'aux opérations sur le territoire national mais elles sont déjà considérées comme des outils de lutte efficace contre la pauvreté des campagnes.
 

En octobre 1995, le Centre régional africain pour l'Informatique (aujourd'hui African Center for Advanced Computing and Information Security), une organisation non gouvernementale, offre ses premières connexions, profitant d'une période de "temps mort" dans la réforme des télécommunications kenyanes.
En avril 1996, apparaît le premier fournisseur d'accès, Africaonline, issu de KenyaNet, un service mis au point par trois étudiants kenyans aux États-Unis deux ans plus tôt. En 1996, le débit est lent et on ne peut qu'échanger des courriels mais Africaonline connait un succès foudroyant.
En 1999, les autorités kenyanes entérinent la privatisation des télécommunications et bloquent les activités Africaonline. Cependant, très rapidement, elles mettent en place les infrastructures qui encadrent le développement d'Internet dans le pays. 
Nairobi est le siège de nombreuses agences des Nations unies et la plate-forme centrale de l'aide humanitaire pour l'Afrique de l'Est, le Rwanda, Burundi et la République démocratique du Congo.


Le téléphone portable et ses applications est d'ailleurs l'un des thèmes récemment abordés par Mondoblog, le réseau des blogueurs francophones, initié par l'émission de RFI, L'atelier des médias, elle-même créée en 2007.

Ziad Maalouf, avec l'aide de Simon Decreuze, a pris le relais du fondateur Philippe Couve pour animer l'émission, le blog et développer ses thèmes de discussion sur Facebook et twitter. «Même si les propos restent au niveau "café du commerce" en ce qui concerne Facebook, admet l'animateur, il reste un espace d'échanges». Pour lui, twitter s'avère un outil autrement efficace quand il s'agit d'une situation tel que les élections de Côte d'Ivoire, plus démocratique et passionnant. Nous n’en sommes qu’au début mais cela va très vite entre l’implantation du téléphone filaire en Europe et en Afrique, il s’est passé 20, 30 ou même l’infini puisque la plupart des pays étaient encore sous équipés à l’arrivée du mobile. Entre l’arrivée de twitter dans les réseaux de journalistes et observateurs européens et africains, il s’est passé 6 mois !»