Côte d'Ivoire: scènes de guerre et répression de manifestations à Abidjan


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La journée a été très tendue, ce jeudi, à Abidjan. Des scènes de guerre ont eu lieu entre forces fidèles à Laurent Gbagbo et ex-rebelles des Forces nouvelles soutenant son rival Alassane Ouattara. Les FN ont toutefois échoué dans leur plan de prendre le contrôle de la télévision d'Etat ivoirienne (RTI). Parallèlement, selon Amnesty International, au moins 10 manifestants ont été tués par les forces de sécurité alors qu’ils tentaient de braver l’impressionnant dispositif déployé pour empêcher les marches. Autour de l'Hôtel du Golf d'Abidjan, où se trouve Alassane Ouattara, quelque 800 casques bleus étaient postés jeudi, selon le porte-parole de l'Onu.

Témoignage d'un médecin dans le quartier de Cocody
10-10-2013 - Par Carine Frenk

Difficile pour l'heure de donner un bilan exact de cette journée mais pour Amnesty International au moins 10 civils sont tombés aujourd'hui à Abidjan. Le ministre de l'Intérieur du gouvernement fidèle à Laurent Gbagbo parle de 10 membres des Forces de défense et de sécurité tués et les Forces nouvelles reconnaissent la perte de deux de leurs hommes. 

En fait, cette journée a été marquée par deux évènements forts. Tout d'abord dans la matinée, les partisans d'Alassane Ouattara dans les communes de Koumassi, Treichville, Adjamé ou Abobo sont sortis pour prendre la direction de la radio télévision ivoirienne (RTI). Ils n'ont jamais pu quitter leurs quartiers car les forces armées fidèles à Laurent Gbagbo les ont bloqué en tirant parfois à balle réelle.

Violents combats près de l'Hôtel du Golf

Ensuite, en milieu de journée, les forces armées des Forces nouvelles sont entrées dans la partie. Plusieurs dizaines d'éléments de l'ex rébellion ont quitté l'Hôtel du golf où sont retranchés Alassane Ouattara et le gouvernement dirigé par Guillaume Soro. Après avoir fait quelques centaines de mètres en direction du centre de Cocody où se trouve le siège de la radio télévision ivoirienne, les soldats des FAFN se sont violemment opposés aux forces de défense et de sécurité.

Des tirs d'armes légères et d'armes lourdes ont été entendus pendant environ une heure par des témoins sur place. Les combats entre forces de défense et de sécurité et forces nouvelles ne se sont pas limités à la ville d'Abidjan.

Les soldats de l'ex rébellion sont descendus aujourd'hui de Bouaké jusqu'à la ville de

Témoignage d'un manifestant à Tiébissou
10-10-2013 - Par Guillaume Thibault

Tiebissou, dans la zone tampon entre les régions sud et nord du pays, qui est située à une quarantaine de kilomètres de Yamoussoukro. Ils se sont opposés aux forces loyalistes. Ce jeudi soir, le calme est revenu à Abidjan comme à Tiebissou mais c'est un calme précaire d'autant que Guillaume Soro vient d'annoncer que demain il tentera à nouveau de marcher sur la RTI.