Retour difficile au Sud-Soudan pour des milliers de migrants venus du Nord


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Depuis le mois d'octobre, affirme l’ONU, plus de 50 000 Sud-Soudanais ont quitté le Nord où ils se sentaient comme des citoyens de seconde zone pour se rendre au Sud. Le Sud où le référendum sur l'indépendance prévu le 9 janvier pourrait intensifier une situation déjà compliquée par les conflits ou encore la sécheresse. Dans ce contexte, et après des années passées à Khartoum, rentrer au village n'est pas simple pour des milliers de Sud-Soudanais, comme en témoigne ce reportage de notre envoyée spéciale à Mayom dans l'Etat d’Unité.  

A l’aube des dizaines de familles se groupent autour de trois vieux autobus et commencent à charger : vêtements, chaises en plastique, tables en bois. Michaël a vécu dix ans à Khartoum avec sa femme, vivotant dans la misère grâce à de petits boulots : « A Khartoum nous vivions comme des déplacé. A chaque fois qu’on voulait construire notre maison temporaire, la police venait la détruire. C’est pour cela que nous sommes vraiment heureux. C’est notre père patrie ici ».

Deux heures de route pour s’imaginer une nouvelle vie à travers les paysages qui défilent. Leur destination est Mayom : un village sans prétention, fait de huttes et sans électricité, mais Michaël reste euphorique : « C’est un très bon endroit ici, il y a des pâturages et des bonnes terres. Et pour construire une maison, il y a du bois. Il y a aussi des plantes ».

Ils vont être pour la plupart accueillis dans l’école du village pendant quelques jours. Mais pour Marie, mère de famille, avoir un toit pour la nuit ne suffit pas à apaiser son inquiétude : « Le problème que nous avons les enfants et moi, c’est qu’ici, il n’y a pas de nourriture et pas d’endroit où vivre. Nous sommes restés si longtemps à Khartoum, mais maintenant il n’y a plus de place pour nous ».

Un avis que partage le secrétaire de la Commission d’aide humanitaire du Sud-Soudan : « Vous voyiez, quand ils viennent ici il n’y a pas assez de nourriture, c’est pour cela qu’ils se plaignent. C’est l’hiver, il fait froid la nuit, et ils n’ont pas d’endroit où dormir ».

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un toit pour la nuit, et des dizaines de personnes doivent dormir à la belle étoile en attendant de retrouver des membres de leur famille.

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