Violences et arrestations de partisans de Ouattara, à Grand Bassam, en Côte d'Ivoire

Après Abidjan, ici, le 16 décembre 2010, c'est la ville de Grand Bassam qui est le théâtre de violences depuis le vendredi 17 décembre.
© AFP / Issouf Sanogo

Si la tension est quelque peu retombée à Abidjan, elle est à son comble ce samedi 18 décembre 2010 à Grand Bassam, sur le littoral ivoirien, à une quarantaine de kilomètres de la capitale économique. Les violences se poursuivent après l'agression de fidèles hier, vendredi, alors qu'ils priaient devant une mosquée de la ville ; on signale ce samedi des arrestations ciblées de militants du RHDP, des pro-Ouattara. Les arrestations ont été opérées par des hommes en uniforme.

Selon les témoignages il ne s'agit pas de policiers de Bassam mais d'hommes en treillis et équipés de casques qui sont venus d'ailleurs et qui se font aider par des militants de la majorité présidentielle pour aller arrêter, à leur domicile, des partisans d'Alassane Ouattara.

Ecoutez le témoignage de Wognié Koua le responsable des jeunes du RHDP pour le département de Grand Bassam, joint en fin de matinée par RFI.

« Les arrestations ont commencé ce matin, aux environs de six heures. Des éléments de la police, en tous cas ils sont habillés en treillis, avec des casques, et ils interviennent dans des maisons ciblées. Ceux qui sont ciblés, c’est nous ! C’est les militants de la RHDP. Les responsables de la majorité présidentielle qui sont à Bassam, ils nous connaissent bien. Ils ont dressé une liste qu’ils ont donnée aux policiers. Et comme [les policiers] ils ne connaissent pas leur coup, c’est eux qui sont devant et ils indiquent la maison des gens. C’est, depuis hier, mais en tout cas c’est depuis ce matin que cela s’est aggravé, raconte Wognié Koua. Alors ils ont pris quatre jeunes. Cela a été une course poursuite, jusqu’à ce que la foule soit massée devant le commissariat. Ils ont violenté des femmes et ils ont mis des femmes à nu. Et ils ont même dit qu’ils allaient les violer ».

RFI : Est-ce qu’il y a eu des tirs ce matin ?

« Il n’y a que des tirs ! Depuis six heures du matin, il n’y a que des tirs ! Il y a des tirs de gaz lacrymogène et il y a des tirs d’armes à feu ! Tout à l’heure, là, ils ont tenté de disperser la foule ! Mais dans cette dispersion-là, il y a eu des tirs des gaz lacrymogènes et il y a eu des tirs à balles réelles ! Il y a des blessés à l’hôpital en ce moment ! » ajoute encore Wognié Koua.

Il y a eu des tirs ce samedi matin, dans plusieurs quartiers, des femmes ont été agressées ; c'est ce que nous raconte cette habitante encore sous le choc.

Ce matin, ils sont entrés pour casser les portes. Ils font sortir les hommes de chez nous pour les frapper, pas pour les tuer. Ils font ramper les hommes dans les caniveaux (...) Ils ont agressé des filles devant moi et,comme elles sortaient du marché, elles ont été dépouillées de leur argent.Ce sont des miliaires qui portaient des treillis bleus; ce ne sont pas des gens de Bassam car la ville n'est pas grande et on se connaît tous. Eux viennent d'Abidjan.

Témoignage d'une habitante de Bassam, sous le choc de la violence dont elle a été victime
18-12-2010

Ces témoignages ont été recueillis samedi en début d'après-midi ; depuis, la situation s'est calmée et Bassam est une ville morte. Les forces de l'ordre interdisent aux gens d'emprunter les grandes artères, on leur dit qu'ils n'ont pas le droit de marcher, de manifester. Des mitrailleuses ont été positionnées à certains barrages.

Notre dossier spécial : les défis de Ouattara

Plus tôt, ce 18 décembre 2010, le camp Ouattara a appelé la population à rester mobilisée. De l'autre côté, le leader des jeunes patriotes, partisan de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, a appelé le peuple à se préparer à livrer le combat contre le camp rival. C'est ce qu'il a déclaré à l'Agence France-Presse. Il a annoncé un rassemblement dans le quartier abidjanais de Yopougon, plutôt favorable à Laurent Gbagbo afin « de se mettre en ordre de bataille à travers tout le pays ».

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