Côte d'Ivoire : la pression internationale s'accentue

Le Conseil de sécurité de l'ONU a prolongé hier lundi 20 décembre 2010 de six mois le mandat de sa force en Côte d'Ivoire, quelques jours seulement après que Laurent Gbagbo ait exigé son départ. Outre la prolongation de son mandat, le Conseil de sécurité de l'ONU « envisage » d'envoyer des renforts pour l'Onuci. Dans le même temps, l'Union européenne a pris des sanctions contre le président sortant et ses alliés. Enfin, les Etats-Unis se sont déclarés prêts à également sanctionner le gouvernement Gbagbo.
Avec notre correspondante à New York, Alexandra Geneste
L'ONU n’a pas l’intention de céder, et elle le fait savoir. A Laurent Gbagbo, qui exige son départ de Côte d’Ivoire, l’Organisation répond que ses 8 650 casques bleus sont là pour rester.
Non seulement le Conseil de sécurité prolonge leur mandat de six mois, mais il n’écarte pas l’idée d’envoyer des troupes supplémentaires dans le pays. Les Nations unies pourraient ainsi opérer un redéploiement de contingents entre leur mission au Libéria et celle présente sur le sol ivoirien.
La diplomatie est en train de céder la place à la confrontation
Par ailleurs, si le mandat des casques bleus est avant tout de protéger les civils, il est défini par une résolution placée sous Chapitre VII de la Charte de l’ONU, lequel autorise le recours à la force en cas de menace contre la paix, rupture de la paix ou actes d'agression. Selon le chef des opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, des casques bleus ont déjà été pris pour cible et ont dû riposter. En clair, la diplomatie est en train de céder la place à la confrontation.
De plus, l’ONU dénonce des violations massives des droits de l’homme, notamment des attaques visant des civils et le personnel onusien, certaines perpétrées, affirme l'ONU, avec l’appui de mercenaires. Les personnes tenues pour responsables seront traduites en justice prévient le Conseil de sécurité, qui se dit prêt à imposer des sanctions ciblées contre ceux qui menacent le processus de paix.
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Emile Guiriéoulou, ministre de l'Intérieur de Laurent Gbagbo, nie tout acte hostile contre l'Onuci mais dit que le gouvernement a tiré les conséquences du comportement de l'Onuci qu'il accuse de partialité.
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Hamadoun Touré, porte-parole des Nations unies en Côte d'Ivoire, revient sur les actes hostiles commis depuis une semaine contre l'Onuci. Selon lui, c'est cette campagne qui est à l'origine des actes belliqueux perpétrés contre la force de l'ONU : barrages, harcèlement, agressions en ville, manoeuvres d'intimidation, etc...
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Les menaces de sanctions de l'UE mises à exécution |
L'Union européenne a mis ses menaces de sanctions à exécution. Dix-neuf personnalités ivoiriennes sont concernées dont Laurent Gbagbo et ses deux épouses. Il y a d'abord les intimes : Simone Gbagbo, la première épouse, la compagne de toute les luttes, de la clandestinité à la présidence. Mais aussi Nady Bamba, l'épouse coutumière qui fuyait jusque-là les projecteurs. La directrice du quotidien Le Temps, proche de la présidence, devait servir de passerelle entre Laurent Gbagbo et le nord de la Côte d'Ivoire dont elle est originaire. Les gardiens du système Et puis les gardiens du système : Kadet Bertin, conseiller pour la sécurité et Désiré Tagro, l'ex ministre de l'Intérieur, aujourd'hui secrétaire général de la présidence. Les politiques avec Pascal Affi N'guessan, l'homme du parti, le Front populaire ivoirien. Aké N'Gbo le Premier ministre, présenté comme proche de Simone Gbagbo. Paul Yao Ndré, le président du conseil constitutionnel, l'homme qui a proclamé la victoire de Laurent Gbagbo. Et Paul Antoine Bohoum Bouabré, qui a la haute main sur les finances. Dans cette liste, on trouve aussi les communicants. Pierre Brou Amessan le directeur de la RTI, la radio Télévision ivoirienne, désormais au service exclusif de Gbagbo, sans oublier Franck Anderson Kouassi, le président du Conseil national de la communication, l'organe de régulation. Et enfin les militaires : les patrons de la gendarmerie, de la garde républicaine, des unités spéciales et de la marine. A noter que le chef d'état-major de l'armée ivoirienne, le général Mangou, ne figure pas sur cette liste... |
Les nuits sans sommeil d'Abidjan |
Si les dernières journées sont calmes à Abidjan, plusieurs quartiers favorables à Alassane Ouattara vivent des nuits sans sommeil. A Abobo, Koumassi, Adjame ou Treichville, les jeunes sympathisants du RHDP ne cachent pas leur peur. Ils dénoncent des forces de l’ordre qui entrent dans les cours et commettent des enlèvements nocturnes ou qui tirent sans sommation. Ils parlent également d’anglophones à la gâchette facile, intégrés dans les forces de défense et de sécurité. Pour résister, ou plutôt pour prévenir le danger, beaucoup ont désormais leur sifflet ou leur casserole pour avertir de l’arrivée d’hommes en uniforme. Mercenaires libériens Pour le ministre de l’Intérieur de Laurent Gbagbo, toutes ces craintes sont infondées. Des enlèvements ? Qu’on nous donne les noms, demande Emile Guiriéoulou. Des exécutions sommaires ? Des mensonges pour s’attirer la sympathie de la communauté internationale. Des mercenaires libériens ? Une insulte aux FDS qui sont tout à fait à même d’assurer la sécurité à Abidjan et en province. Pour Emile Guiriéoulou, ce serait plutôt aux garants de l’ordre public de craindre ceux qu’ils considèrent être des rebelles déguisés en manifestants pacifiques. D’après lui, lors de la semaine écoulée, les violences ont fait 25 morts dont 14 dans les rangs des forces de défense et de sécurité. |

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