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Côte d'Ivoire: Guillaume Soro, Premier ministre de Ouattara, appelle à la désobéissance civile

media Guillaume Soro, Premier ministre d'Alassane Ouattara, le 6 décembre à l'hôtel du Golf d'Abidjan. AFP/Sia Kambou

Fort du soutien de la communauté internationale, mais enfermé dans son réduit de l’hôtel du Golf, le gouvernement d’Alassane Ouattara a décidé de reprendre l’initiative. Ce mardi 21 décembre, Guillaume Soro, Premier ministre du président reconnu par la communauté internationale, a appelé à la désobéissance civile.

Après l’échec sanglant de sa tentative de marche sur la Radio télévision nationale (RTI) et la primature, jeudi 16 décembre, le chef de l’ex-rébellion ivoirienne exhorte maintenant les Ivoiriens « à la désobéissance au gouvernement factice de Laurent Gbagbo jusqu’à son départ ». Dans un communiqué publié ce mardi 21 décembre, il leur demande « dans les campements, les villages et les villes, de s’organiser, de se mobiliser et de manifester par tous les moyens jusqu’au départ de Laurent Gbagbo du pouvoir ».

Le Premier ministre d’Alassane Ouattara affirme, par ailleurs, qu’on dénombre depuis début décembre « 200 morts et 1000 personnes blessées par balles ». Un bilan des décès - non-vérifié de sources indépendantes- qui est quatre fois plus élevé que celui avancé par les Nations unies. Et cela alors que le gouvernement annonce le chiffre de 25 morts, dont 14 parmi les forces armées loyales à Laurent Gbagbo.

Guillaume Soro évoque, en outre, des cas de violences et de viols contre des femmes et affirme même que les « ingrédients pour un génocide sont en place ». Il assure, par ailleurs, une nouvelle fois que de « mercenaires libériens et angolais armés par le clan » Gbagbo sont présents à Abidjan. D’après lui, ils « s’introduisent, à la faveur d’un couvre- feu injustifié, dans des domiciles dans les quartiers d’Abidjan pour exécuter des populations aux mains-nues, sur des dénonciations à caractère ethnique ».

Hier, lundi, le ministre de l’Intérieur de Laurent Gbagbo, Emile Guiriéoulou, avait estimé ce type de craintes « infondées ». Des enlèvements ? Qu’on nous donne les noms, demandait-il. Des exécutions sommaires ? Des mensonges pour s’attirer la sympathie de la communauté internationale. Des mercenaires libériens ? Une insulte aux Forces de défense et de sécurité (FDS) qui sont tout à fait à même, disait-t-il, d’assurer la sécurité à Abidjan et en province. Pour Emile Guiriéoulou, ce serait plutôt aux garants de l’ordre public de craindre ceux qu’ils considèrent être des rebelles déguisés en manifestants pacifiques.

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