L’UEMOA soutient Alassane Ouattara, mais les fonctionnaires ivoiriens sont payés


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Le Conseil des ministres des Finances de l'Union économique et monétaire d'Afrique de l'Ouest, (UEMOA), a demandé jeudi 23 décembre à la Banque centrale régionale, la BCEAO, d'autoriser uniquement les représentants d'Alassane Ouattara à gérer les comptes du pays. Une décision fondamentale dans le conflit qui oppose Alassane Ouattara à Laurent Gbagbo. Pour autant, les fonctionnaires ivoiriens ont bien été payés en Côte d’Ivoire.

La décision de l'UEMOA porte sans aucun doute un coup très sévère à Laurent Gbagbo. La seule la signature du gouvernement Ouattara devrait être rapidement considérée comme la seul légitime par la BCEAO. Or la BCEAO, la banque centrale régionale, joue un rôle clé dans la vie économique ivoirienne. C'est cette elle qui est dépositaire du compte bancaire de l'Etat ivoirien. C'est sur ce compte que sont déposés une grande partie des taxes et des impôts, par exemple le Droit Unique de Sortie que payent les exportateurs de cacao installés à Abidjan et San Pedro. C'est sur ce compte que sont virés les prêts que consentent régulièrement à la Côte d'Ivoire les banques privées régionales.

Le gouvernement estime que cette décision est illégale.
Ahoua Don Mello, porte-parole du gouvernement Gbagbo
10-10-2013 - Par RFI

C'est enfin la BCEAO qui permet à la Côte d'Ivoire d'intervenir sur le marché financier régional. Depuis deux ans, tous les mois Abidjan levaient environ 80 milliards de francs CFA qui permettaient au pays de tourner. Pour le gouvernement Gbagbo, ces levées de fonds sont terminées. Bien sûr l'équipe Gbagbo a encore la possibilité d'ouvrir un compte à la Banque du Trésor, une banque ivoirienne et d'y déposer le revenu des taxes et impôts divers. Mais assure un financier, aucune banque n'acceptera de prêter de l'argent à un gouvernement considéré illégitime par la BCEAO. Le risque de ne pas recouvrer le prêt serait trop grand.

Le gouvernement Gbagbo temporise, les fonctionnaires sont payés

Dans l’entourage du chef de l’Etat ivoirien sortant, on considère bien sûr que c'est une décision grave. Mais on dit s'y être préparé, avoir mis au point des techniques et des arrangements qui vont entrer en vigueur sous peu. « La vie d'un Etat ne se résume pas à une signature. L’Etat restera debout », nous dit un interlocuteur proche de Laurent Gbagbo en soulignant que la Côte d'Ivoire est la première économie régionale et que si conséquences économiques il devait y avoir, elles seraient ressenties par tous les pays voisins. Ce qui fait encore dire à ce proche du président Gbagbo que la décision de l'UEMOA est une décision suicidaire.

Pour autant, les fonctionnaires ivoiriens devraient finalement pouvoir passer de bonnes fêtes de fin d'année. Ceux dont les comptes bancaires sont domiciliés dans des banques ivoiriennes avaient pu retirer leur salaire mais pas ceux dont les comptes sont dans des succursales de banques françaises. Finalement tout le monde a été crédité.
« Le jeudi matin, il avait été annoncé sur les antennes qu’on devait percevoir nos salaires. J’ai été à la banque et j’ai eu la désagréable surprise de constater que mon salaire n’était pas viré, contrairement à d’autres professeurs qui ont leur compte domicilié dans d’autres banques qui ont perçu leur salaire », explique Ousmane Coulibaly, un enseignant ivoirien.

Manifestement, explique-t-il, certaines banques, principalement les banques nationales, avaient effectivement viré les salaires, mais les banques qui étaient liées à certaines banques françaises ne l’avaient pas fait. Au bout du compte, Ousmane Coulibaly est rassuré. « Vendredi, je viens de la banque comme ça et j’ai introduit ma carte et j’ai eu l’agréable surprise de constater que mon salaire était viré. Ca y est, j’ai pu retirer mon salaire et j’ai eu aussi la confirmation de certains autres collègues qui sont domiciliés dans les banques comme la SGBCI (Société Générale de Banques en Côte d'Ivoire) et la SIB (Société ivoirienne de banque). »

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