Sud-Soudan : El-Béchir assure qu’il respectera le résultat du référendum

Omar el-Béchir à son arrivée à Juba, le 4 janvier 2011.
© Reuters / Goran Tomasevic

Une visite qui n’est pas passé inaperçue : le président soudanais Omar el-Béchir s’est rendu ce mardi 4 janvier 2011 à Juba, la capitale du Sud-Soudan, où les électeurs se prononceront, dimanche prochain 9 janvier, pour ou contre l’indépendance de la région. « Je célébrerai votre décision, même si vous choisissez la sécession », a-t-il déclaré.

Omar el-Béchir avait reporté déjà plusieurs fois cette visite. Mais, cette fois, les Sudistes ont décidé de l'accueillir avec les honneurs : tapis rouge et banderoles. Car le ton s'est adouci du côté du chef de l'Etat soudanais.

Omar el-Béchir a assuré qu'il célèbrerait le résultat du référendum de dimanche, même s'il débouchait sur la sécession. Le président soudanais a prononcé ces paroles à Juba, lors d’un discours devant de nombreux responsables sudistes et retransmis en direct sur la télévision d'Etat. A cinq jours du référendum, le n° 1 soudanais n’écarte donc plus la possibilité d’une sécession obtenue par les urnes. El-Béchir a dit qu’il sera « triste si le Soudan se sépare », mais qu’il sera, en même temps, « heureux » si la séparation signifie la paix.

Un danseur soudanais en tenue traditionnelle lors d'un rassemblement à Juba, le 4 janvier 2011. © REUTERS/Goran Tomasevic

Le maître de Khartoum a une nouvelle fois tendu la main aux futurs dirigeants du Sud-Soudan en cas d’indépendance. Il a insisté sur son désir de maintenir de bonnes relations avec le Sud. Il y a reçu un accueil en fanfare de la part du leader sudiste Salva Kiir. Longtemps opposé à l’idée de l’indépendance du Sud-Soudan, Omar el-Béchir a donc assoupli considérablement sa position à mesure que l’échéance du référendum se rapproche et que le maintien de l’unité du pays semble s’éloigner.

Mais si le Sud-Soudan choisit, dimanche 9 janvier, d'avoir son propre destin par rapport au Nord, Khartoum et Juba devront résoudre rapidement quelques questions : la citoyenneté, la frontière entre les deux Etats, la région contestée d’Abyei et le partage des revenus pétroliers.

Près de quatre millions de personnes (3,75 millions au Sud, 116 000 au Nord et 60 000 à l'étranger) se sont inscrites sur les listes électorales en vue du référendum prévu du 9 au 15 janvier, a annoncé lundi 3 janvier la commission responsable de l’organisation du scrutin qui bénéficie de l’appui logistique des Nations unies. Ce référendum est l’aboutissement de l'accord de paix qui a mis fin à la guerre civile en 2005. Ce conflit entre le Nord musulman et le Sud afro-chrétien a duré près de douze ans et a fait deux millions de morts. Au moins 60% des électeurs inscrits doivent voter pour que le résultat du scrutin soit valide.
 

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