En Afrique du Sud, l’ANC met en veille son projet de loi sur le contrôle des médias


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En Afrique du Sud, le projet de loi pour « la protection de l'information » ne sera pas examiné pour le moment, par le Parlement. L'un des objectifs du texte consistait à mettre un tribunal spécial dirigé par le Parlement pour « juger » les journalistes « qui font mal leur travail » Le projet prévoyait la possibilité pour le gouvernement de classifier toute information considérée comme dangereuse pour « l'intérêt national ». La publication de ces informations aurait été passible d'une peine de 25 ans de prison.

Nous allons vous laisser le temps de réformer vos instances et nous verrons bien où ça nous mènera. C'est ce qu'a déclaré Jackson Mthembu, le porte-parole de l'ANC. Le Congrès national africain a décidé de geler son projet de loi sur la protection de l'information.

Le parti au pouvoir souhaite finalement que les médias améliorent au plus vite leur système d'autorégulation. Actuellement, c'est un médiateur volontaire qui est chargé de régler les litiges. En cas d'erreur, un journal doit publier un rectificatif et des excuses.

En fait, c'est sous la pression de l'opinion publique que le parti de Jacob Zuma a fini par changer d'avis. Depuis l'annonce du projet, il y a six mois, manifestations et pétitions se sont multipliées. La campagne « Right to know », (le droit de savoir), a rassemblé près de 400 organisations de la société civile. C'est en fait l'une des plus importantes mobilisations contre un projet de loi depuis la fin de l'apartheid.

Dix-sept ans après la chute du régime ségrégationniste, une majorité de Sud-Africains ne veulent pas voir instaurer un nouveau système de censure.