Tunisie - 
Article publié le : lundi 17 janvier 2011 à 04:08 - Dernière modification le : lundi 17 janvier 2011 à 10:45

En attendant l'annonce du nouveau gouvernement de transition, forte tension en Tunisie

Des soldats tunisiens montent la garde sur l'avenue Habib Bourgiba à Tunis, le 16 janvier 2011.
Des soldats tunisiens montent la garde sur l'avenue Habib Bourgiba à Tunis, le 16 janvier 2011.
Fethi Belaid/ AFP

Par RFI

C’est dans un contexte chaotique que se prépare la formation du nouveau gouvernement dont le Premier ministre Mohammed Ghannouchi annoncera la composition ce lundi. Dimanche 16 janvier 2011, la journée a été très tendue de nouveau. De violents affrontements ont opposé forces de sécurité et éléments fidèles au chef de l'Etat déchu et la justice tunisienne a annoncé l'arrestation de l'ex-chef de la sécurité du président tunisien déchu, le général Ali Sériati. Il a été officiellement accusé d'être le responsable des pillages et des exactions de ces derniers jours contre la population qui de son côté, dans les quartiers, s’organise en comités de vigilance.

En Tunisie, le départ de l’ex-président Ben Ali a également sonné l’heure des règlements de comptes.

Les biens du clan Trabelsi, cibles de la colère

Juste après la nouvelle de son départ, des centaines de Tunisiens ont décidé de piller une bonne partie des propriétés du clan Ben Ali et de celui de sa femme, les Trabelsi comme pour se venger de vingt-trois ans de captation des richesses. Le clan est accusé d’avoir détourné 5 milliards de dollars.

Les Tunisiens se vengent sur les biens de la famille Trabelsi - Reportage à Gamart

... Trois jours après le pillage, la maison de Moncef Trabelsi (le frère de l'ex-première Dame de Tunisie) est devenue une sorte de musée vivant... car en vingt ans, la famille de l'ex-première dame Leila Trabelsi est devenue le symbole de l'injustice : partie de rien et qui avec le pouvoir est devenue millionnaire à coup de corruption...

 

17/01/2011 par Léa-Lisa Westerhoff

Un dimanche sous haute tension, le reportage de l'une de nos envoyées spéciales dans les quartiers de Tunis
 
17/01/2011
par Marie-Pierre Olphand
 
 

 

Dans les quartiers de Tunis, la population, apeurée, tente de s'organiser pour faire face aux agressions. Dimanche après-midi, des échanges de tir ont opposé des policiers et des militaires à des francs-tireurs près de l'avenue Bourguiba. Un officier de l'armée a annoncé à la télévision publique que deux francs-tireurs ont été abattus dans ces affrontements.

 


La formation du gouvernement de transition, quelques pistes...

Un gouvernement d'unité nationale et de transition, c'est ce qu'a promis le Premier ministre Mohammed Ghannouchi. Les trois partis d'opposition reconnus par le régime Ben Ali devraient être intégrés. Le mouvement Ettajdid (Renaissance), le Parti démocratique progressiste et le Front démocratique pour le Travail et les Libertés. Quand aux partis pro-gouvernementaux ils devraient être écartés. Les formations politiques non reconnues sous le régime Ben Ali n'ont pas été sollicitées par le Premier ministre.

De l'ancien gouvernement, Mohammed Ghannouchi devrait garder les ministres de l'Intérieur et des Affaires Etrangères. Ceux qui n'ont pas été marqués par les abus commis sous le régime Ben Ali resteront. D'autres personnalités indépendantes participeraient à ce nouveau gouvernement. Des membres de la société civile ont été consultés: les organisations des droits de l'homme, l'association des femmes démocrates, l'Union Générale tunisienne du travail, des avocats ou encore des journalistes.

Le Premier Ministre a déjà averti que les autorités de transition ne feraient preuve d'aucune tolérance envers ceux qui sèment le chaos dans le pays. Les prochaines élections devraient être surveillées par un comité international indépendant.

Quatre jours après la fuite de l'ancien président Ben Ali, la tâche de ce nouveau gouvernement sera ardue : rétablir l'ordre, apaiser les tensions et créer une réelle unité nationale seront ses premiers défis.
 

tags: Tunisie - Zine el-Abidine Ben Ali
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(5) Réactions

L'exemple tunisien doit faire école

Il existe de Ben Ali partout en Afrique et précisement en Afrique Centrale. c'est la partie du Continent que l'on retrouve un bon nombre de dictateurs qui sous le falacieux prétexte de démocratie apaisée rendent misérable leurs populations. Les tunisiens ont montré qu'il ne suffira plus de bien nourrir les bidasses mais de s'occuper réellement de son peuple. Nous en avons trop souffert.

De retour en France

Je suis une touriste française rapatriée ce dimanche 16 janvier de Tunisie... Je suis inquiète pour le pays et la population tunisienne! Avec eux, nous avons vécu des bouleversements à une vitesse phénoménale et nous avons ressenti des émotions diverses: la peur, le chaos, l'incompréhension puis la joie après les discours de Ben Ali et son départ puis de nouveau l'inquiétude car le départ du dictateur ne suffit pas à effacer 23 ans de douleur et de silence!Je soutiens le mouvement de la population et surtout des jeunes,pour la plupart hautement diplômés mais pas reconnus à leur juste valeur dans la société corrompue jusqu'alors! Mais que pouvons-nous faire, nous, français, pour les aider, sans risquer d'aggraver une situation déjà très sensible?

soutenons le peuple tunisien

soutenons le peuple tunisien comme il l'a fait lors de notre révolution ci ce n'est la ligne Maurice mais aussi sans que cela déborde au delà de notre frontière, le peuple algérien a connu cet état de fait en 88 , la décennie s'en est suivie hélas mais aujourd'hui le progrès social est perceptible partout en Algérie, les algériens n'ont pas faim comme le laissent croire certains médias mal intentionnés , il est vrai que le travail manque ainsi que le logement mais il y'a un programme dans ce sens , il faut s'armer de patience , comparé au sort de nos voisins nous nous estimons heureux , des châteaux de carte qui tomberont au premier souffle, nous souhaitons voir dans les prochains jours une Tunisie pacifiée et démocratique , bravo!

J'espère que ce qui est

J'espère que ce qui est arrivé à Mr Ben ALi va servir de leçons à beaucoup de présidents africains qui font tout,qui ne ménagent aucun effort pour se maintenir au pouvoir, surtout celui de mon pays.

Il faut qu'ils comprennent une fois pour toute que, lorsqu'on passe déjà plus de deux décennies au pouvoir, tout ce qu'on dira sera du déjà entendu, tout ce qu'on fera sera du déjà vu. Les gens vous verrons plus comme un ennemi, un traitre, comme l'objet de leur misère, tout ce à quoi ils rêvent, c'est de vous voir partir, sinon mourir.

Vivement que ce qui est arrivé à Ben Ali serve de leçon aux autres, j'espère que Popol en a retenue quelque chose.

Je ne vois pas pourquoi

Je ne vois pas pourquoi seulement les partis reconnu sous le regime Ben Ali ont été invité pour former ce gouvernement. La volonté du peuple était de écarter tout ce qui rappelle ce régime et former un gouvernement composé de tous les partis choisis. Garder d anciens ministre fera toujours rappeler aussi l ancienne époque !!

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