Procès Habré : le Comité de l'ONU contre la torture rappelle le Sénégal à ses obligations


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Nouveau rebondissement dans l’affaire Hissène Habré. Il y a un peu plus d’un mois, le président sénégalais annonçait dans une interview RFI-France 24 qu’il souhaitait que l’Union africaine reprenne ce dossier lors de son prochain sommet. Le Comité contre la torture des Nations unies vient de rappeler le Sénégal à ses obligations. Dans une lettre transmise aux autorités sénégalaises, il réaffirme que selon la Convention contre la torture, le Sénégal doit soit juger Habré, soit l’extrader.

Avec notre correspondant à Dakar, Laurent Correau

Dans ce courrier daté du 12 janvier dernier, le Comité des Nations unies contre la torture note que, jusqu’ici, le Sénégal avait conditionné le démarrage du procès d’Hissène Habré à la question du financement de ce procès.

Les bailleurs de fonds s’étant engagés, le comité rappelle au Sénégal «ses obligations au regard de la convention contre la torture» : soit juger Hissène Habré, soit l’extrader vers la Belgique qui veut le juger, soit répondre à une autre demande d’extradition qui serait conforme à la convention.

Ce rappel à l’ordre intervient alors qu’Abdoulaye Wade, le président sénégalais, a annoncé sa volonté de voir l’Union africaine reprendre le dossier Habré.

La lettre du Comité des Nations unies ne contredit en revanche pas nécessairement l’arrêt du 18 novembre dernier de la Cour de justice de la Cédéao, selon lequel la justice sénégalaise seule ne pouvait pas juger l’ancien président tchadien.

Selon nos informations, le commissaire chargé de la Paix et de la Sécurité de l’Union africaine, Ramtane Lamamra, vient de présenter aux autorités un projet qui permettrait au Sénégal de concilier ses différentes obligations juridiques. Il propose la mise en place de chambres spéciales au sein du système sénégalais, avec quelques juges nommés par l’Union africaine, dans la limite des fonds débloqués par la communauté internationale.

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