Présidentielle au Niger : des candidats demandent un report du scrutin

Le Général Salou Djibo, à Niamey, le 31 octobre 2010.
© AFP

La plupart des dix candidats à la présidentielle nigérienne prévue le 31 janvier ont demandé un report du scrutin, une requête immédiatement rejetée par le chef de la junte au pouvoir, Salou Djibo. Les candidats favorables au report ont de très nombreux griefs contre la Commission électorale nationale indépendante. Le 19 janvier, le médiateur de la Cédéao, Abdul Salami Aboubacar, s'est rendu à Niamey pour trouver un compromis.

Ils sont huit -d’aucuns disent sept- parmi les dix candidats à demander le report de l’élection présidentielle prévue le 31 janvier. Dans leur collimateur principalement, la Céni (Commission électorale nationale indépendante) accusée de tous les maux selon Amadou Boubacar Cissé de l'UDR-TABBAT :

« Le fichier électoral était très peu fiable, et il y a eu aussi une rétention massive de certaines cartes qui ont permis également de faire beaucoup de fraudes. Malheureusement, aucune disposition véritable n’a été prise pour corriger ce qui a donné lieu à toutes ces dérives. Nous avons pensé qu’il y avait fondamentalement un problème à résoudre avant les élections législatives et présidentielle dont l’enjeu est beaucoup plus important. Un enjeu qui pourrait donner lieu à des confrontations qui ne sont pas souhaitables ».

Mais pour le président du PNDS (Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme), Mahamadou Issoufou, ne pas respecter la date de la tenue du rendez-vous électoral serait violer la Constitution car avec l’organisation de deux scrutins la Céni a eu le temps de corriger ces imperfections :

« L’organisation des élections le 31 janvier est obligatoire sinon, on va violer la loi. Or, il ne faut pas perpétuer la tradition de violation de la Constitution dans notre pays. Et je répète, la Céni a eu à apporter des solutions aux insuffisances constatées à l’occasion non seulement du référendum qui s’est déroulé le 31 octobre mais aussi également à l’occasion des récentes élections locales ».

La balle est désormais dans le camp de Salou Djibo, le chef de la junte, qui doit trancher en gardant la tête froide car aucun des dix candidats ne s’affiche dans un camp sans arrière-pensée. C’est le calcul politicien.