Côte d'Ivoire: le président français réaffirme son soutien à Alassane Ouattara

Alassane Ouattara, lors de sa conférence de presse à l'Hôtel du Golf, le 24 décembre 2010.
© REUTERS/Stringer

Le gouvernement du président reconnu par la communauté internationale en Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, est le seul « légal et légitime », a réaffirmé lundi le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy. Le Nigeria demande au Conseil de sécurité d’autoriser l’usage de la force pour chasser du pouvoir le président proclamé par le Conseil constitutionnel ivoirien Laurent Gbagbo.

« Pour la France les choses sont claires: la Côte d'Ivoire a un seul gouvernement légal et légitime, un seul », déclaré Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse à Paris. « Celui que le peuple ivoirien s'est choisi et qui est reconnu par les Nations unies et par toutes les organisations africaines », a-t-il ajouté en référence au gouvernement d'Alassane Outtara, proclamé vainqueur de l'élection présidentielle de novembre par la commission électorale ivoirienne selon des résultats certifiés par l'ONU.

Nicolas Sarkozy s'exprimait devant la presse et les ambassadeurs accrédités en France, dont celui récemment nommé par Alassane Ouattara et reconnu par Paris, Ali Coulibaly, que le président français a tenu à « saluer ».

Le Nigeria veut que l'ONU autorise l'usage de la force

Dans ce contexte, le Nigeria a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU d'autoriser l'usage de la force en Côte d'Ivoire pour chasser Laurent Gbagbo du pouvoir, selon le ministre des Affaires étrangères nigérian Odein Ajumogobia dans une lettre ouverte publiée par plusieurs journaux lundi.

« La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) réclame
sans équivoque un soutien international via une résolution spécifique du Conseil de sécurité des Nations unies pour valider l'usage de la force »,
mais « en dernier recours », écrit M. Ajumogbia.

Selon lui, la grave crise actuelle « va forcément déboucher sur l'anarchie, et le chaos, ou pire, une véritable guerre civile ». Elle « a été précipitée par le seul Laurent Gbagbo », le président sortant ivoirien qui refuse de céder sa place à Alassane Ouattara, ajoute le chef de la diplomatie nigériane.

« Il faut que Gbagbo comprenne qu'il y a une perspective qu'une force militaire massive lui tomberait dessus ». « C'est seulement à ce moment qu'il prendra sérieusement en considération les exigences de son départ », ajoute M. Ajumogbia.

D'après le ministre nigérian cependant, « l'utilisation de la force légitime » ne doit pas forcément signifier une intervention terrestre et pourrait inclure un blocus maritime pour imposer des sanctions. « Le mandat de l'Onuci, cependant, est devenu tout à fait inadapté pour garantir la paix et la sécurité dans le pays », selon lui.

Alassane Ouattara veut bloquer les exportations de cacao et de café

Parallèlement, Le gouvernement d'Alassane Ouattara, l'un des deux présidents proclamés de Côte d'Ivoire, 1er producteur et exportateur, a publié un communiqué informant « les opérateurs économiques de l'arrêt immédiat de toute exportation de café et de cacao », à compter de ce lundi jusqu'au 23 février.

« Le gouvernement rappelle que les contrevenants à cette mesure seront considérés comme finançant les activités de l'administration illégitime de Monsieur Laurent Gbagbo et s'exposent à des sanctions internationales, sans préjudice des poursuites pénales des juridictions nationales », poursuit le communiqué signé du Premier ministre de M. Ouattara, Guillaume Soro. « Sont exclues uniquement de cette mesure les quantités dont les droits ont déjà été perçus avant le 24 janvier 2010 », et « la commercialisation intérieure du café et du cacao est autorisée », est-il ajouté.

« Tout le monde sait que cela n'aura aucun effet sur le terrain », a réagi le porte-parole du gouvernement Gbagbo, Ahoua Don Mello, interrogé par l'AFP.  « Les acheteurs ont déjà passé leurs commandes et les opérateurs ont investi et attendent des retours sur leurs investissements. Les opérateurs ne vont pas s'embarraser d'un mort d'ordre lancé par des gens sans pouvoir réel », a-t-il estimé.

« L'administration douanière et fiscale, la police, la gendarmerie sont pour le moment sous le contrôle du gouvenement Gbagbo. C'est nous qui administrons le pays, c'est ça la réalité », selon le porte-parole du gouvernement du président sortant.

La Côte d'Ivoire est 12e producteur mondial de café et 3e en Afrique, derrière l'Ethiopie et l'Ouganda. Le café et le cacao représentent 40% des recettes d'exportations de la Côte d'Ivoire et environ 20% de son PIB (sources officielles).
 

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