Tunisie : Le gouvernement provisoire toujours sous la pression de la rue
La pression populaire ne retombe pas. Après l’arrivée à Tunis dimanche des membres de « la caravane de la libération », des centaines de jeunes ont pris le relais dans la soirée. Défiant le couvre-feu nocturne, ils campent devant le siège du palais de la Kasbah qui abrite les bureaux du Premier ministre, avec un seul mot d'ordre : plus aucun membre de l'équipe Ben Ali dans le gouvernement. Et le grand ménage se poursuit avec la mise en résidence surveillée de deux très hauts dignitaires de l'ancien régime, dont Abdallah Kallel, ex-ministre de l'Intérieur de Ben Ali et l’interpellation du patron de la chaîne de télévision privée Hannibale, accusé de vouloir favoriser le retour du président déchu.
C’était une scène inédite, le 23 janvier au soir : 20h a sonné, mais ils sont toujours des centaines à squatter là, devant la Primature. Des tentes de fortune ont été montées et l’armée qui tolère, distribue même quelques couvertures. De jour comme de nuit, la rue est là. Désormais pour répéter son message : faire tomber le gouvernement ou du moins les caciques de l’ancien régime.
Venus du Centre, du Sud, à pied, en moto ou en voiture, toute la journée déjà, un nouveau vent de contestation avait soufflé sur la capitale. Des milliers de manifestants de tout le pays sont venus participer à ce qu’on appelle « la caravane de la libération ».
Dans une ambiance bon enfant, ils ont défilé au centre-ville. Certains débattaient, d’autres haranguaient la foule, transformant cette avenue Bourguiba en une véritable agora version méditerranéenne.
Les enseignants du primaire ont appelé à la tenue d’une « grève générale illimitée » ce lundi 24 janvier date théorique de reprise des cours. Une nouvelle journée test qui s’annonce pour le gouvernement très contesté, qui espère toujours que la rue va s’essouffler.
Parmi les décisions annoncées par les nouvelles autorités de Tunis, il y a la levée de toutes les restrictions concernant la Ligue tunisienne des droits de l’homme. Une organisation harcelée et étouffée depuis dix ans par une surveillance policière permanente et de multiples entraves à ses activités. Depuis huit jours, à la ligue on savoure une liberté retrouvée.
En France, Ségolène Royal, la candidate aux primaires PS pour la présidentielle, invitée du «Grand jury» RTL/LCI/Le Figaro demande que les ministres du régime du président tunisien déchu Ben Ali quittent le gouvernement. «Les choses ne se calmeront pas tant que ces ministres ne partiront pas», souligne-t-elle.
De son côté, invité de l'émission internationale diffusée dimanche soir sur RFI , France 24 et TV5 monde, Axel Poniatowski, le président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale est revenu sur la révolution tunisienne. Ces événements l'ont surpris, et en particulier, le rejet du clan Ben Ali par la population : « Nous savions que des problèmes de droits de l'homme se posaient, que quelques journalistes étaient en prison. Nous avons été surpris par l'ampleur du dégoût pour le pouvoir et les familles Ben Ali et Trabelsi ».

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