Gabon : André Mba Obame persiste, des sanctions annoncées


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L'opposant André Mba Obame, autoproclamé mardi président du Gabon, actuellement réfugié dans l'enceinte d'une agence de l'ONU à Libreville, a demandé mercredi 26 janvier 2011 au secrétaire général de l'ONU de le reconnaître malgré la dissolution de son parti par le gouvernement. De son côté, le ministre de l'Intérieur, Jean-François Ndongou a estimé que Mba Obame avait commis « un crime de haute trahison » et que de ce fait « il encourt les sanctions et peines prévues par la loi ».

« Bongo va partir comme Ben Ali » : une déclaration faite aujourd'hui par André Mba Obame. L'opposant gabonais entend suivre les exemples tunisien et ivoirien. André Mba Obame s'est réfugié au siège local du PNUD, l'agence des Nations unies pour le développement. Et de là, il persiste et signe :

« Nous attendons que le secrétaire général des Nations unies à qui nous avons demandé la reconnaissance de notre gouvernement, nous donne une réponse. Je crois que tout le monde parle aujourd’hui de jurisprudence ivoirienne, dans le cas ivoirien, c’est la première fois qu’on voit la communauté internationale de manière unanime et de manière ferme exiger que ne soit reconnu que le candidat réellement élu… »

RFI : En Côte d’Ivoire, la certification des Nations unies a été l’objet d’un accord entre les candidats à la présidentielle…

« Et pourtant il y a toujours contestation, il y a dispute, donc apparemment c’était pas aussi évident que ça. Mais dans le cas du Gabon nous avons contesté ces résultats et nous avions demandé un recomptage. Vous savez, en Afrique, on dit 'la vérité prend l’escalier, le mensonge l’ascenseur, mais la vérité finit quand même par arriver'. C’est moi qui ait gagné l’élection présidentielle du 30 août 2009 et les Gabonais entendent donc que ce choix soit respecté. »

Dissolution immédiate de l'Union Nationale

Le parti d'André Mba Obame, l'Union Nationale, a été dissous immédiatement et il devrait être poursuivi, comme l'a précisé Jean François Ndongou, ministre gabonais de l'Intérieur :

« Nous ne faisons que respecter les dispositions de la loi. La loi fondamentale et les autres lois qui règlent la vie d’une nation. Les partis politiques sont organisés sur la base d’une loi, il y a des devoirs et des obligations, et nous avons récemment modifié la Constitution en ajoutant cette disposition, que nul ne peut s’autoproclamer président de la République. Et ce que Mba Obame a fait est contraire à notre loi fondamentale. Il ne peut pas se prévaloir d’être républicain et ne pas respecter la loi fondamentale qui fonde la République gabonaise.

Deuxièmement, l’acte que monsieur Mba Obame a posé est un acte que l’on considère comme un crime de haute-trahison, il cherche à déstabiliser les institutions et freiner la marche de la république gabonaise. Cette loi, monsieur Mba Obame la connaît très bien, y compris tous ses comparses.

Nous allons prendre des dispositions pour lever l’immunité parlementaire de l’honorable député André Mba Obame ».

Par la voix de Michel Ongoundou, « ministre de la défense » dans le « gouvernement » dévoilé, mardi 25 janvier, par le président autoproclamé, l’opposition annonce ce jeudi 27 janvier, que les forces de l’ordre ont dispersé dés l’aube, les sympathisants d’André Mba Obame, réunis devant le siège du PNUD. Une trentaine de personnes ont été arrétèes.

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