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Sénégal

Touba, principale ville de l’intérieur

La ville de Touba lors du grand pèlerinage annuel de la confrérie mouride.
© Laurent Correau/RFI

Le dimanche 23 janvier 2011, la ville de Touba au Sénégal voyait affluer des centaines de milliers de personnes pour le Magal, le grand pèlerinage annuel de la confrérie mouride. La plupart des pèlerins sont depuis rentrés chez eux mais, malgré tout, la ville reste l’une des plus peuplées du pays. Si elle arrive -selon les estimations de l’ANSD, l’agence de statistiques sénégalaise- derrière Dakar et Pikine, elle se trouve loin devant les différentes capitales régionales du pays.

C’est un fait largement méconnu : même vidée des pèlerins du Magal, la cité sainte des mourides reste la ville la plus peuplée de l’intérieur du Sénégal. Les projections réalisées par l’ANSD, l’agence nationale de la statistique et de la démographie évaluent en effet la population de ce qu’on appelle « la Communauté rurale de Touba mosquée » à quelque 600 000 habitants en 2010.

Touba serait donc deux fois plus peuplée que Thiès ou Ziguinchor. Trois fois plus peuplée que Saint-Louis.

De son côté, le géographe Cheikh Gueye -qui fait référence sur la ville sainte- a dénombré lors d’un recensement effectué il y a trois ans plus de 60 000 parcelles construites et habitées à Touba. La population de la ville atteint vraisemblablement, selon lui, un million d’habitants.

« La plupart des habitants de Touba, explique le chercheur, viennent du monde rural et y retournent régulièrement pour cultiver leur champ. Le nombre d’habitants a d’ailleurs explosé dans les années 80 et 90, au moment de la crise agricole. La capitale des mourides est alors devenue un refuge économique pour tous ces paysans ».

Aux effets de cette crise se sont associés les appels au peuplement lancés par les khalifes de la confrérie mouride et les facilités foncières qu’ils ont offertes aux candidats à l’installation.

La population de Touba compte par ailleurs plus de femmes que d’hommes, un déséquilibre démographique plus marqué encore que dans l'ensemble du pays (Pour Touba, les projections de l’ANSD évaluent le rapport en 2010 à 84 hommes pour 100 femmes). Selon Cheikh Gueye, « Touba est un lieu dans lequel des chefs de famille investissent et envoient leur(s) épouse(s) tandis que eux continuent à travailler ailleurs dans le pays ou à l’étranger ».

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