Manifestation à Amman, en Jordanie contre le président égyptien, le 1er février 2011. Sur la pancarte en haut à gauche : "Egypte, la Jordanie est avec toi".
© REUTERS/Muhammad Hamed

Tunisie, Egypte… quel sera le prochain pays du monde arabe à exploser ? Le départ précipité du président Ben Ali, le 14 janvier 2011, a provoqué une véritable onde de choc qui fait trembler le monde arabe. Du Yémen à la Mauritanie, les cas d’immolation par le feu se multiplient et les marches de contestation réunissent des milliers de personnes. Les régimes arabes tentent de prendre des mesures pour contenir le risque de contagion.

Yémen

Un portrait géant du président yéménite, Ali Abdallah Saleh, dans une rue d'Aden. © AFP
Au pouvoir depuis 32 ans, le président yéménite Ali Abdallah Saleh annonce mercredi 2 février 2011 qu'il renonce à briguer un nouveau mandat et accorde quelques concessions à l'opposition. Les parlementaires yéménites proches du parti au pouvoir proposaient d’adopter un amendement qui aurait permis à Ali Abdallah Saleh de rester président à vie. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé ces derniers jours dans la capitale, Sanaa. Quatre personnes ont tenté de s’immoler par le feu. Dans ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, le chef de l'Etat a déjà multiplié les mesures sociales et économiques, dont une augmentation des salaires.
 
Jordanie
Manifestation à Amman le 28 janvier 2011. © Reuters/Muhammad Hamed
Confronté à des manifestations répétées depuis le 14 janvier, le roi Abdallah II multiplie les gestes pour tenter d’apaiser la grogne populaire. La contestation, d’abord sociale et économique, a pris un tour plus politique quand le 28 janvier, plusieurs milliers de Jordaniens sont descendus dans la rue à l’appel des Frères Musulmans, réclamant un changement de gouvernement et des réformes. Le 1er février, le roi Abdallah de Jordanie démet son Premier ministre pour le remplacer par son ancien conseiller militaire et ex-premier ministre.
 
Syrie
Le président syrien Bachar al-Assad. © Osman Orsal/Reuters
Le président Bachar al Assad, qui tient son pays d’une main de fer, qualifie le mouvement de contestation dans la région de « sorte de maladie ».  Pour lui le Moyen-Orient souffre  de « stagnation ». Mais d’après le dirigeant qui a succédé à son père ; les « microbes  qui infestent » aujourd’hui la région, n’affectent pas son pays, qu’il qualifie de « stable ». Ces derniers jours, un appel a pourtant été lancé sur Facebook pour manifester vendredi contre la « monocratie, la corruption et la tyrannie ».  
 
Algérie
Un bus brûlé lors des émeutes à Alger, le 7 janvier 2011. © AFP
Dans ce pays riche en pétrole et en gaz, les émeutes contre la vie chère sont récurrentes. Début janvier, de violentes manifestations font cinq morts et plus de 800 blessés. Le vent du désespoir et de la colère a visiblement touché les Algériens : une dizaine de tentative d’immolations ont eu lieu en janvier. Le gouvernement tente de répondre au mécontentement par des subventions aux denrées de base et des importations de céréales.
 
Soudan
Des centaines de jeunes ont manifesté le 30 janvier, après un appel lancé via Facebook « pour protester contre la hausse du coût de la vie, la corruption, le népotisme, le chômage et toutes les pratiques du régime ». Les manifestations qui ont été réprimées ont eu lieu le jour de l’annonce des résultats du référendum au Sud-Soudan, qui ont confirmé le raz de marée en faveur de la partition du territoire.
 
Maroc
Le roi du Maroc, Mohammed VI. © AFP
Depuis son accession au trône en 1999, le roi Mohammed VI a lancé un train de réformes politiques et sociales qui ont desserré l’étau sur la société marocaine. Toutefois, les 32 millions de Marocains continuent de souffrir des très fortes inégalités sociales et du chômage, notamment chez les jeunes. Fin janvier, quatre personnes ont tenté de s’immoler par le feu. Dans le même temps, les autorités ont annoncé une baisse de 30% sur les produits de première nécessité.
 
Mauritanie
Dès le 13 janvier, l’opposition a réussi à mobiliser des milliers de personnes dans la capitale. Depuis, un homme a tenté de s’immoler par le feu et la contestation contre le régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz, (ex-meneur du coup d’Etat d’août 2008) monte sur fond de flambée des matières premières. Fin janvier, le gouvernement annonce une baisse de 30% des prix des produits de première nécessité. Une mesure qui ne fait pas baisser la colère.
 
Oman
Le 17 janvier dernier, quelque 200 personnes manifestent à Mascate pour protester contre la cherté de la vie et la corruption.