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Livre: Pour une révolution numérique en Afrique

L’accès aux technologies de l’information et des communications (TIC) s’étend mais de façon très inégale.
© C.Morin-Gibourg

Les technologies de l’information et de la communication au service du développement durable et de la lutte contre la pauvreté en Afrique : c’est le défi de Jacques Bonjawo, ingénieur informaticien, ancien de chez Microsoft et fervent défenseur de la télémédecine en Afrique. Ou comment passer directement à une Afrique numérique sans passer par la case révolution industrielle : tout un programme dans un ouvrage d’une actualité brûlante, coédité par les éditions Dunod et RFI.

Oui, les technologies de l’information et de la communication peuvent être à l’origine de mouvements révolutionnaires et aider au processus de démocratisation. C’est l’une des démonstrations de Jacques Bonjawo dans son livre « Révolution numérique dans les pays en développement, l’exemple de l’Afrique ». L’utilisation d’Internet et du téléphone portable est incontournable aujourd’hui. Et si l’Afrique a pris un retard considérable avec un taux de pénétration de l’outil internet de 8,7 %, contre 26,6 % au niveau mondial, il semble qu’elle prenne le chemin d’une cyberdémocratie inéluctable : plus de proximité entre les citoyens eux-mêmes, mais également avec les administrations. Dans l’émission de Caroline Lachowsky, Autour de la question, sur RFI, l’ingénieur informaticien est revenu sur la situation en Egypte, pourtant bien placée en termes de connexion internet. « Le gouvernement égyptien n’a pas pu couper Internet complètement et durablement. C’était sans compter sur la créativité de la jeunesse ».

Quels rôles ces TIC peuvent-elles avoir dans l’essor économique, le système éducatif des pays du Sud ? Fort de son expérience d’informaticien chez Microsoft en Inde, Jacques Bonjawo développe dans son livre, l’exemple de ce pays, qui, selon lui, présente de fortes similitudes avec le continent africain. « Un pays, qui a tiré son épingle du jeu…Et qui a bien rentabilisé ses investissements ». Avec des exemples concrets, il offre quelques pistes de réflexion avec des projets inventifs dans lesquels l’Afrique pourrait se projeter : le suivi des cours agricoles par SMS ou les e-choupal, sortes de marchés virtuels où des groupements de paysans achètent et revendent sans intermédiaire. « Les Africains commencent à développer des technologies adaptées aux consommateurs. Comme MPedigree, un projet ghanéen de lutte contre la contrefaçon qui permet grâce à un code et une application sur téléphone portable de vérifier l’authenticité d’un médicament».

Une Silicon Valley africaine? 

L’Afrique peut faire plus et attirer des investissements étrangers dans des zones franches avec des incitations fiscales : une Silicon Valley africaine où technologie de pointe viendrait se conjuguer avec agriculture, santé et sciences de l’éducation. Les jeunes étudiants sont brillants mais ont tendance à partir à l’étranger pour travailler. De telles mesures pourraient permettre aux nouvelles technologies de s’installer et d’«exploser » véritablement en Afrique.

Pour Jacques Bonjawo, il s’agit de mettre à la portée de tous, ces nouvelles technologies. Certes le téléphone portable a pris un essor considérable. Mais il reste encore beaucoup à faire et à développer…Ne serait-ce que pour réguler cette fameuse fracture numérique dont on entend parler çà et là et qui prive les ruraux des avantages considérables de l’Internet. « En Afrique, explique t-il, il est très difficile pour les patients dans les zones rurales d’avoir accès à un médecin. Une des solutions pour y remédier : la télémédecine. Concrètement lorsque le patient se trouve dans un secteur reculé, il doit pouvoir entrer en contact avec un médecin en ville, via le réseau Internet » Une stratégie doit donc être mise en place, au même titre que l’accès à l’eau ou à la nourriture. Une révolution, qui permettrait à l’Afrique, à l’image de l’Inde devenu pays émergent, de basculer dans l’ère du numérique sans passer par la case « révolution industrielle ». En somme un projet de société généreux et enthousiaste que porte, Jacques Bonjawo, initiateur de l’Université virtuelle Africaine. Une initiative pour laquelle, il avait reçu à l’époque le soutien de Bill Gates.

 Révolution numérique dans les pays en développement, l’exemple de l’Afrique de Jacques Bonjawo, coédition Dunod-RFI. Un ouvrage à retrouver dans la boutique de RFI.

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