12 février 2011, la marche interdite en Algérie


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Malgré la promesse faite par le président Bouteflika de lever prochainement l’état d’urgence dans le pays (en vigueur depuis 1992) et les interdictions répétées, la marche de ce samedi 12 février 2011 devrait bien avoir lieu dans plusieurs villes algériennes à l’appel du CNCD, Coordination nationale pour le changement et la démocratie. L’information circule sur les réseaux sociaux mais également via les textos sur les téléphones portables.

Malgré un faible taux de pénétration d’internet dans le pays, les Algériens investissent les réseaux sociaux. Sur 4,7 millions d'internautes, plus d’un million possèdent un compte Facebook. Et depuis plusieurs semaines ils s’agitent pour mobiliser leurs concitoyens. Plusieurs groupes aux intitulés éloquents Bezzef (Trop !), Barakat (assez !) ou ACA (Action pour le changement en Algérie) se sont créés sur Facebook. Les cinéastes, blogueurs et internautes y appellent à participer à la marche du 12 février 2011. Une vidéo disponible sur Youtube, réalisée par l’opposant Fodil Boumala (qui a aussi sa page sur Facebook) fait actuellement le buzz sur Internet.

Quatrième décès par immolation

Alors après la Tunisie, l’Egypte, la révolte va-t-elle envahir les rues d’Alger, Oran, ou Tizi Ouzou ? Le pays vit en ce moment au rythme des grèves nombreuses, notamment dans le milieu médical, dans les universités et dans les entreprises. Les scènes d’immolation se propagent : ce vendredi, c’est le quatrième décès recensé enregistré en Algérie depuis la mi-janvier. Et le scénario du départ de Moubarak en Egypte pourrait faire monter la tension.

Marches interdites à Oran et Alger

Le wali d'Oran (préfet) a interdit toute manifestation au motif que la CNCD ne serait pas agréée. Cette coordination qui veut « changer le système » est effectivement née le 21 janvier dernier. Elle regroupe la Ligue Algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH), des syndicats autonomes et des représentants de la société civile. Une interdiction pèse également sur les rassemblements à Alger depuis juin 2001. Un dispositif sécuritaire important a donc été mis en place par le régime algérien pour la journée du 12 février.

Les trains sont interdits d'accès à Alger

Les militants en Algérie et à l’étranger se sont emparés de Twitter. Et sur le fameux site de micro-blogging, les hashtags #algérie et #feb12 permettent de recenser ce qui se dit sur la Toile. Pour le moment, pas d'informations sur une censure d’Internet ou des réseaux sociaux. Mais les autorités algériennes sont en alerte maximale. Saïd Sadi, le président du RCD, Rassemblement pour la culture et la démocratie a expliqué que les forces de l’ordre « étaient en train d'encercler la capitale » pour empêcher d'éventuels manifestants venus d'autres régions de rejoindre Alger. « Les trains sont interdits d'accès à Alger et les transports en commun sont en train d'être bloqués », a-t-il ajouté.

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