En Centrafrique, rejet des recours déposés par l'opposition dans la course à la présidentielle


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En Centrafrique, la Cour constitutionnelle a confirmé, samedi 12 février 2011, la réélection du président sortant François Bozizé, dès le premier tour. Les magistrats de la Cour suprême ont donc rejeté les recours déposés par trois des quatre candidats opposés à Bozizé dans la course à la présidentielle. L'ancien chef d'Etat Ange Félix Patassé, l'ex-Premier ministre Martin Ziguélé et l'économiste Emile Gros Nakombo ont prévu de se rencontrer à Bangui pour décider de la marche à suivre.

François Bozizé, qui est arrivé au pouvoir par les armes en 2003, est réélu avec un peu plus de 64% des suffrages. Du côté des opposants, qui sont très loin derrière, on fulmine.

« Nous rejetons en bloc ces résultats », a déclaré à RFI Simpliste Coudégué, le porte- parole d'Ange Felix Patassé. L'ancien chef d'Etat arrive en deuxième position avec 4% des suffrages. Coudégué estime que la Cour constitutionnelle a été incapable de justifier les 1262 bureaux de vote qui se sont volatilisés.

La commission électorale, en effet, n'a transmis que trois quart des procès verbaux aux magistrats de la Cour suprême la semaine dernière. « Ces résultats sont faux », a lancé l'ancien Premier ministre Martin Ziguélé, qui avait réactualisé en début de semaine une liste fournie d'irrégularités.

Le candidat du MLPC se dit surpris de la célérité avec laquelle le Cour constitutionnelle a procédé à l'examen des recours. Trois des quatre candidats malheureux ont prévu de se retrouver à Bangui dans la soirée pour décider de la marche à suivre.

François Bozizé : un homme terre à terre

De nombreuses affiches de campagne ont montré François Bozizé accroupi, creusant la terre et levant les yeux, le regard confiant et inoffensif. Il s'est présenté dans tous ses meetings en bâtisseur, tel un Jean Bédel Bokassa.

A son actif, Bozizé, un ancien général arrivé au pouvoir par les armes en 2003, a aussi invité les rebelles à la table de négociations. Même si la sécurisation du pays n'est pas achevée, il souhaite mettre à profit cette stabilité pour attirer des investisseurs. En ligne de mire le Français Areva et l'exploitation d'uranium à Bakouva, mais aussi la Chine avec le pétrole de Birao. Le problème, «c'est qu'il gouverne un peu pour sa famille et son clan» s'inquiètent des observateurs occidentaux.

Peu charismatique, Bozizé, soixante-quatre ans, est un homme terre à terre. «Je ne pense pas que le pouvoir m'ait beaucoup changé» avait t-il confié, costume croisé orange, à la veille du scrutin du 23 janvier. «J'aime la chasse et la pêche je suis un Centrafricain normal» avait-il ajouté. Cela ne veut pas dire que Bozizé n'aime pas le pouvoir. Il ne ferme pas la porte à une révision de la Constitution qui, pour l'instant, lui interdit de se présenter pour un troisième mandat dans cinq ans.

RFI
 

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