En Afrique du Sud, pauvreté et précarité nourrissent la colère des townships


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Depuis le début de la semaine, de violentes manifestations secouent des townships sud-africains. C’est à Ermelo, dans la province de Mpumalanga (dans l'est du pays et à 200 km de Johannesburg), que la situation est pour l’instant la plus tendue.

Jets de pierres, cocktails Molotov, tirs à balles en caoutchouc, mais aussi à balles réelles… les scènes de guérilla urbaine se répètent depuis le lundi 14 février 2011, dans un bidonville d’Ermelo. La police a envoyé des renforts pour tenter de ramener le calme, mais les affrontements entre les émeutiers, souvent très jeunes, et les forces de l’ordre ont déjà fait un mort, un homme, tué par balle. Les étrangers qui tiennent des boutiques dans le township deviennent aussi la cible des pillards.

Les manifestants protestent contre le chômage, massif, qui les frappe, et contre des services publics déficients. Ils réclament l’eau courante, l’électricité et des logements décents. Dans la soirée, la situation restait très volatile, et plus d’une quarantaine de personnes avaient déjà été arrêtées pour la seule journée de mardi.

Un autre township s’est embrasé pour les mêmes raisons en début de semaine. Il s’agit de Boiphelo, à 300 km au sud-ouest de Johannesburg. D’après la télévision publique, deux enfants se sont noyés alors qu’ils tentaient de fuir la police. Le calme est revenu mardi soir.

Malgré les progrès accomplis depuis la fin de l’apartheid en matière d’accès aux services publics, les manifestations se sont multipliées ces derniers mois, devenant de plus en plus violentes. Trop de Sud-Africains vivent encore dans une grande précarité et font face au chômage qui touche 24% de la population. A l’approche des élections locales, qui doivent se tenir avant la fin mai, beaucoup espèrent ainsi faire entendre leur voix.