Heurts meurtriers à Abidjan entre manifestants pro-Ouattara et forces de l’ordre

Des manifestants pro-Ouattara dans un quartier d'Abidjan, le 19 février 2011.
© Reuters

En Côte d’Ivoire, les forces de l'ordre fidèles au président ivoirien sortant Laurent Gbagbo ont dispersé ce samedi 19 février 2011 à Abidjan des partisans de son rival Alassane Ouattara, qui entendaient répondre à l'appel à une révolution à l'égyptienne. Un couvre-feu nocturne a été instauré depuis vendredi soir pour trois jours en Côte d'Ivoire. Bilan des violences de ce samedi : six morts et des dizaines de blessés selon le RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix). Une source onusienne parle de deux morts. Il n’y a pas encore de bilan donné du côté du gouvernement de Laurent Gbagbo.

A Abidjan, que ce soit dans la commune d’Abobo ou de Koumassi, les partisans d’Alassane Ouattara n’ont pas pu tenir leurs rassemblements. Dès le matin, les forces de défense et de sécurité loyales à Laurent Gbagbo sont intervenues sans ménagement pour disperser les militants du RHDP. Des tirs de kalachnikov et de gaz lacrymogènes ont été entendus dans ces deux quartiers.

Pour exprimer leur colère, les jeunes partisans d’Alassane Ouattara ont incendié des pneus à Abobo, Koumassi et Treichville. En début d’après midi, les grandes artères de Koumassi étaient encore fumantes, des barricades avaient été érigées, la plupart des commerces étaient fermés et la carcasse d’un camion brûlé se trouvait face à la grande mosquée.

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Si aux environs de 14h00, les forces de défense et de sécurité étaient invisibles dans cette zone, deux blindés légers des forces françaises de Licorne et des casques bleus jordaniens patrouillaient sur le boulevard Giscard d’Estaing.

Ce regain de tension intervient alors que Guillaume Soro a appelé toute la semaine les Ivoiriens à s’inspirer des Tunisiens et des Egyptiens pour renverser le régime Laurent Gbagbo. A cet appel à la révolution, le régime en place à Abidjan a répliqué vendredi en instaurant un couvre-feu de trois jours.

Selon le porte parole du gouvernement de Laurent Gbagbo, cette mesure sécuritaire a été décidée car, dit-il, les Forces nouvelles (FN) avec la complicité des soldats français et des casques bleus ont infiltré plusieurs quartiers pour lancer une action terroriste. Des accusations sans fondement selon Licorne et l’Onuci.

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