Libye: le nombre de victimes ne cesse de s’alourdir


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L'association de défense des droits de l'homme Human Rights Watch estime, ce dimanche soir 20 février 2011, le nombre des victimes à au moins 173 morts en six jours depuis le début des manifestations. Aujourd'hui, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à Benghazi pour porter en terre les manifestants tués par les forces de sécurité. La France juge inaceptable la repression de la contestation. L'Union européenne réclame la « fin des violences ».

Quel bilan de la répression en Libye ? Difficile à dire puisque le pays est complètement fermé malgré le mouvement de protestation qui se poursuit. L'ONG Human Rights Watch parle de 173 morts depuis le début des protestations mardi 15 février 2011. La plupart des victimes auraient été tuées par balles réelles par les forces de sécurité et par des miliciens recrutés à l'étranger par le pouvoir. Ces violences sont dénoncées également par Amnesty International.

On a reçu un patient atteint par balle. C'est un petit enfant d'environ trois ans. Je ne crois pas qu'un enfant de trois ans ait pris une arme pour tirer sur des militaires. [...] La ville de Benghazi est devenue complètement folle.
Soheil Al-Atrach, médecin dans un hôpital de Benghazi
10-10-2013 - Par RFI

Ce dimanche, des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés à Benghazi, pour porter en terre les manifestants tués par les forces de sécurité. Des comptes-rendus contradictoires de la situation ont été donnés par des témoins, alors que le régime maintient un black-out total sur le bilan des violences. Le réseau internet et les communications téléphoniques intérieures et internationales sont régulièrement coupés.

Les troubles se poursuivent dans plusieurs villes, il semble même qu'à Darna, une ville côtière du nord-est, des officiers et des policiers aient rejoints les insurgés et distribués des armes.

De leur côté, les autorités libyennes annoncent avoir arrêté plusieurs dizaines de ressortissants arabes, accusés d'appartenir à un « réseau de déstabilisation du régime ».

La Ligue arabe appelle à la fin des actes de violence. La Ligue arabe où le représentant permanent de la Libye Abdel Moneim al-Honi, a annoncé dimanche soir qu'il a démissionné pour rejoindre « la révolution ». L'organisation dit ne pas être au courant de cette démission.

Plusieurs pays occidentaux se préparent à évacuer leurs ressortissants. La France a aujourd'hui condamné « l’usage disproportionné de la force qui n’est pas acceptable », estimant qu'un dialogue doit s’ouvrir. Paris réaffirme son « attachement à la liberté d’expression et au droit de manifester politiquement ».

Les Etats-Unis parlent «des centaines» de morts et appellent Tripoli à autoriser les manifestations pacifiques.

La Libye, mécontente de l'attitude adoptée par la diplomatie européenne, a convoqué jeudi dernier un représentant de l'Union européenne pour lui indiquer qu’elle pourrait cesser de coopérer dans la lutte contre l'immigration si l'UE continue à « encourager » les manifestations dans le pays. Cette information a été révélée ce dimanche 20 février par la présidence hongroise de l'UE qui précise que « les autres représentants européens à Tripoli ont reçu le même message ». Les autorités libyennes réagissaient à l'appel lancé mercredi par la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, au respect de « l'expression libre » dans le pays.