Le panel de l’UA est en Côte d’Ivoire sans Blaise Compaoré

Alassane Ouattara (G) et Laurent Gbagbo (D)
© Montage RFI / Pierre Moussart

C’est finalement sans le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, que le panel des 5 chefs d’Etat se rend ce lundi 21 février à Abidjan. Après concertation dimanche à Nouakchott, le panel est donc composé de Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie), Jacob Zuma (Afrique du Sud), Idriss Déby (Tchad) et Jakaya Kikwete (Tanzanie). Selon le mandat que leur a donné l’Union africaine, le panel des chefs d’Etat va soumettre aux protagonistes ivoiriens une solution contraignante de sortie de crise. Depuis début décembre, les médiations se sont succédé pour débloquer la crise post-électorale et toutes ont échoué.

Finalement, la pression du camp Gbagbo a payé, Blaise Compaoré ne foulera pas le sol ivoirien ce lundi en compagnie des quatre autres membres du panel. Cela changera-t-il l’approche des présidents mandatés par l’union africaine ? Seront-ils plus conciliants avec Laurent Gbagbo ? Le camp d’Alassane Ouattara va-t-il faire de cette absence un casus belli ? On s’interroge sans pouvoir donner de réponse.

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Quoi qu’il en soit à Abidjan, politiques et diplomates en conviennent, les chances de réussite de cette mission sont infimes tant les positions des deux camps rivaux restent antagonistes. L’entourage de Laurent Gbagbo a déjà fait savoir qu’il n’était pas question d’envisager un départ du pouvoir ou de toucher à la constitution. Chez Alassane Ouattara, on demeure également inflexible et l’on s’en tient à un préalable : que le verdict des urnes, approuvé par la communauté internationale, soit respecté.

Signe que la marge de manœuvre du panel mandaté par l’union africaine est des plus étroites, les deux parties ne s’accordent plus que sur un point : l’affaire se règlera pacifiquement ou non entre Ivoiriens.

Selon des sources diplomatiques africaines, la seule utilité du panel pourrait être finalement de déterminer qui bloque la sortie de crise. Quand à l’impact de sa décision contraignante, si elle n’a pas d’effet immédiat sur le terrain, elle en aura forcément un sur le plan diplomatique puisque théoriquement sa sentence s’appliquera à tous les pays de l’union africaine.
 

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