La Libye était devenue un eldorado pour les investisseurs étrangers


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La Libye est confrontée à une vague de protestation sans précédent. Ce mouvement de contestation inquiète les investisseurs étrangers, de plus en plus nombreux à réduire leur activité et à rapatrier leurs salariés, alors qu'ils avaient beaucoup misé sur ce pays pétrolier. 

Avec des réserves estimées à 42 milliards de barils, la Libye est l'un des principaux producteurs de pétrole en Afrique. L'or noir représente plus de 95% de ses exportations. Ce potentiel naturel énorme attire les entreprises occidentales. Le groupe italien ENI, présent dans le pays depuis 50 ans, est le premier producteur étranger d’hydrocarbures en Libye. Le français Total, qui produit dans le pays 12% de son brut africain, a renouvelé ses contrats jusqu’en 2032 et la compagnie britannique BP a conclu avec Tripoli l’un de ses plus grands projets d’exploration pétrolière.

Dans le secteur du gaz, les majors placent aussi leurs pions. La Libye détient les deuxièmes réserves d’Afrique du Nord. L’anglo-néerlandais Shell et le britannique BP ont ainsi obtenu des droits d'exploration du gaz dans le golfe de Syrte, dans le centre du pays.

Renforcer la confiance des investisseurs

La levée effective des sanctions économiques contre la Libye en 1999 a permis au pays de s'ouvrir aux capitaux étrangers. Les investissements les plus significatifs proviennent aujourd’hui des Emirats Arabes Unis, de Malte, de Grande-Bretagne de Suisse et d’Italie. De nombreuses entreprises ont pu investir notamment dans le bâtiment et les travaux publics, le secteur ferroviaire et l’hôtellerie. Depuis 2008, le gouvernement a dépensé 75 milliards de dollars pour améliorer les infrastructures, les transports (aéroports, autoroutes) et les télécommunications.

Plusieurs mesures gouvernementales dans le domaine de la législation ont également amélioré le climat des affaires. Dans son dernier rapport, le Fonds monétaire international tablait pour la Libye sur une croissance de 6,2% en 2011. Ces perspectives prometteuses sont désormais sérieusement compromises par les troubles politiques actuels.

Rapatriement des salariés

Plusieurs pays ont commencé, lundi 21 février 2011, à rapatrier leurs ressortissants. Les entreprises étrangères font de même, ou, au moins, elles réduisent le nombre de leurs salariés. Certains groupes pétroliers ont carrément suspendu leur production dans le pays. C’est le cas notamment de l’italien Eni et du britannique BP qui ont commencé à évacuer une partie de leur personnel et des familles. La compagnie norvégienne Statoil et les allemandes Wintershall et RWE Dea ont également procédé à des évacuations.

Dans d'autres secteurs, le groupe italien d'aéronautique et de défense, Finmeccanica et le géant industriel allemand Siemens ont rapatrié leurs salariés expatriés. L’Autriche et la Turquie ont même dépêchés des avions pour ramener leurs ressortissants. En Europe, la plupart des pays déconseillent également les déplacements professionnels et les voyages vers la Libye.