Les mirages libyens arrivés à Malte remis en état par des sociétés françaises

Un Mirage F1 de l'armée de l'air libyenne stationné sur le tarmac de l'aéroport de Malte après son atterrissage, le 21 février 2011.
© Borg Cardona / AFP

Les deux avions de combats libyens Mirages F1 qui se sont posés sur l'aéroport de Malte ce lundi 21 février, avaient été réparés et armés par des sociétés françaises. Les deux hélicoptères dédiés au transport off-shore, qui se sont également posés à Malte, sont immatriculés en France.

Les hélicoptères sont des super-puma civils utilisés par la société française Héli Union, spécialisée dans le transport off shore. Les passagers, au nombre de sept au total, se disent Français et affirment qu'ils travaillaient sur une plate forme en haute mer, près de Benghazi. Ils auraient demandé la protection des autorités maltaises.

Pour les avions de combats c'est plus compliqué. Il s'agit de Mirage F1 monoplace, portant des cocardes libyennes. Tripoli avait acheté une quarantaine d'exemplaires de ces appareils dans les années 70. Après des années d’embargo international contre la Libye, ces avions ont été récemment remis en état par des sociétés françaises. Entre 2007 et 2009, Paris aurait  ainsi réparé cinq appareils de ce type et assuré la remise à niveau d'une poignée de pilotes reçus en France sur la base aérienne de Reims.

Ce sont peut-être deux de ces pilotes qui ont fait défection ce lundi. De source militaire maltaise, ils ont affirmé avoir refusé de bombarder les manifestants à Benghazi et décidé de se poser à Malte. L’un des pilotes aurait même demandé l'asile politique.

Quoiqu’il en soit, les photographies des deux Mirage montrent clairement que les appareils étaient bien armés de roquettes de fabrication française, prêtes à l'emploi. A Paris, le ministère de la Défense assure qu'il n'y pas en ce moment de coopérants militaires français en Libye. En revanche il y aurait encore des techniciens venant du privé pour entretenir les appareils.

Le régime du colonel Kadhafi, gros consommateur d'armement

D'abord durant la guerre froide grâce au soutien de l'URSS et des pays non alignés, après le coup d'Etat contre le roi Idriss, en 1969, mais aussi grâce à l'aide des Occidentaux qui avaient progressivement, repris leur coopération millitaire et industrielle, après la fin de l'embargo international, en 1999. Une partie de ce matériel acheté grâce à l'argent du pétrole est aujourd'hui utilisé contre le peuple libyen.

Depuis la fin de l'embargo, la Libye fait du neuf avec du vieux. L'armée libyenne s'est rapprochée de ses fournisseurs historiques pour remettre en état une partie de sa flotte. Ukrainiens, Russes et Serbes ont remis en état une escadrille de Sukhoi-24 et des hélicoptère Mil-Mi-24 achetés en masse par le régime dans les années 1970 et  1980.

Mais, lundi 21 février 2011, ce sont des hélicoptères de transport lourd Chinook qui ont été apperçus au-dessus des toits de Tripoli. Des hélicoptères conçus par l'Américain Boeing et assemblés et entretenus par l'Italien Agusta Westland. En 2006 la Libye avait également acheté des Agusta 109 en versions civiles et millitaires, des appareils utilisés officiellement par les gardes-frontières.

Entre 2007 et 2009, la France est revenue sur le marché libyen en réparant ces dernières années, quelques vieux mirages F1. Deux de ces appareils, avec leur pilotes libyens, ont d'ailleurs fait défection, hier 21 février, en se posant à Malte. Les avions étaient armés et les pilotes affirment qu'ils ont refusé de bombarder les manifestants.

La remise en état des machines et l'accompagnement de la formation ont été confiés à la société AIRCO, filliale de DCI, Défense Conseil International, qui fait la jonction entre le ministère de la Défense et les clients d'armement français.

Avec environ 40 milliards de recettes pétrolières, la Libye était en train de redevenir l'eldorado des industriels européens qui n'auraient manqué sous aucune prextexte le salon Lavex qui se déroule tous les deux ans près de Tripoli. Sukhoï comptait y placer son dernier-né le Sukhoï-35, et Dassault son Rafale, et EADS son Typhoon... Des contrats qui semblent aujourd'hi très compromis.

RFI

 

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