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Italie Libye

L’Italie veut préserver ses bonnes relations avec la Libye

Le leader libyen Mouammar Kadhafi (c) avait été accueilli par le président du Conseil italien Silvio Berlusconi, en juin 2009.
© (Photo : Alessandro Bianchi/Reuters)

L'Italie, pays aux relations fortes et solides avec la Libye, sur l'autre rive de la mer méditerranée, a déclenché l'alerte maximale sur toutes les bases aériennes de son territoire. Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a dénoncé l'usage de la violence contre la population civile libyenne, tout en restant extrêmement prudent sur la situation en Libye.

Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir

En toile de fond, il y a des enjeux colossaux qui expliquent l’extrême prudence de Rome. Après trente ans de négociations, les deux pays ont signé en 2008 un traité d’amitié et de coopération, pour panser les blessures du passé colonial.

Ce traité c’est, d’un côté un dédommagement de cinq milliards de dollars sur vingt ans. De l’autre, la garantie du contrôle des côtes libyennes et de bonnes affaires pour les entreprises italiennes.

Cet accord a déjà porté ses fruits. Les débarquements de migrants provenant des côtes libyennes, ont diminué de 90 % entre 2009 et 2010. Les liens économiques se sont renforcés. Si bien qu’aujourd’hui l’Italie se trouve dans une situation très délicate.

La Libye est son premier fournisseur en pétrole et son troisième en gaz. Le géant italien des hydrocarbures ENI, mène d’importantes opérations en Libye. Impregilo, premier groupe de construction italien, est un des grands bénéficiaires des bonnes relations bilatérales, tout comme le groupe aérospatial et de défense Finmeccanica.

De son côté, la Libye a investi dans des secteurs stratégiques en Italie. Tripoli est notamment l’actionnaire principal d’Unicredit, première banque d’Italie.

La Libye de demain sera-t-elle un pays aussi respectueux du traité d’amitié ? C’est la question en Une, du quotidien économique Il Sole 24 Ore.

Les expatriés turcs de Libye en position délicate

Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Ils sont environ 25 000 expatriés, travaillant dans 200 entreprises du secteur de la construction et des travaux publics, et ils sont particulièrement exposés depuis que le fils Kadhafi a prévenu qu’il ne laisserait pas son pays tomber aux mains des Italiens ou des Turcs, ce qui les met en première ligne.

Dans l’est du pays particulièrement, les ressortissants turcs semblent abandonnés à leur sort, parfois pris sous l’aile protectrice des manifestants semble-t-il. Ce qui les place dans une situation encore plus délicate vis-à-vis des autorités. Ils seraient par exemple 3 à 4.000 réfugiés dans un hangar de la grande ville de l’est, Benghazi, où ils manquent de tout et attendent d’être secourus.

Devant le sérieux de cette situation, le gouvernement vient d’affréter de nouveaux avions et également des bateaux de passagers, accompagnés d’une frégate militaire. Deux navires qui ont quitté Istanbul au soir du 21 février avec du matériel de secours, notamment des canots gonflables, mais aussi une unité de forces spéciales pour procéder à la récupération de ces ressortissants, dont certains pourraient être évacués via l’Egypte depuis la ville de Tobruk, à l’est du pays. Une situation particulièrement critique, qui incite la diplomatie turque à une grande réserve.
 

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