La Libye, investisseur en Europe et en Afrique


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Par le biais de ses fonds souverains largement alimentés par les recettes pétrolières, la Libye a pris, ces dernières années, des participations dans plusieurs groupes européens et africains. De quoi embarrasser certains pays, à commencer par l'Italie, premier bénéficiaire européen de ces investissements.

L’Italie est aujourd'hui l’un des principaux bénéficiaires des investissements libyens en Europe. Le montant des participations de Tripoli dans ce pays s’élève à 3,6 milliards d’euros. L’investissement le plus important est dans Unicredit, le premier groupe bancaire italien. Tripoli, qui dispose d’un siège au conseil d’administration, en est le premier actionnaire avec 7,5% du capital. La banque centrale libyenne et le fonds souverain LIA (Libyan Investment Authority) détiennent respectivement 4,99% et 2,59% du capital. Cette montée dans Unicredit l’été 2010 ne s’est pas faite sans polémique. Elle a provoqué une grave crise qui a abouti à l’éviction du patron Alessandro Profumo par les actionnaires.

Pétrole, banque et football

En Italie toujours, Tripoli est actionnaire du groupe de pétrole et de gaz Eni, du groupe de défense Finmeccanica ou bien encore du club de football La Juventus de Turin, propriété de Fiat. Le fils Kadhafi, Al Saadi, en personne, détient 7,5% du club de football. Signe de l’étroitesse des liens entre les deux pays, l’inquiétude suscitée par les violences en Libye a fait chuter la Bourse de Milan depuis lundi.

Il est vrai qu'avec 175 milliards de dollars de réserves de change, la Libye peut largement investir sur le Vieux continent. Elle a pris des participations dans le banquier-assureur hollandais Fortis. Et par l'intermédiaire de son entreprise d'Etat Tamoil, Tripoli possède aussi trois raffineries sur le continent et un réseau de 3 000 stations-service. L’Ukraine est récemment devenue une cible privilégiée de ses capitaux, dans le pétrole, la production de céréales et l’élevage.

Un partenaire majeur en Afrique

La Libye s’est également engagée en Afrique subsaharienne pour un montant d’environ 1,2 milliard d’euros. La LAAICO (Libyan Arab African Investment Company) a investi environ 1,2 milliard de dollars dans des secteurs très variés : l’agriculture, les mines, l’hôtellerie et la banque.

La Gambie et le Mali sont les principaux bénéficiaires de cette manne financière. Les Libyens sont ainsi présents au Mali, par le biais de la Banque commerciale du Sahel. Au Mali toujours, Tripoli a réhabilité ces dernières années près de cinq hôtels de luxe. En Gambie, les investissements portent essentiellement sur l’agriculture et les infrastructures. Dans le secteur des télécommunications, Tripoli détient des participations majoritaires dans la Société des télécoms du Tchad, dans Sonitel et Sahelcom au Niger, ainsi que dans UTL en Ouganda.