Au Maroc, le roi Mohammed VI tente de désamorcer la contestation


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Au Maroc, officiellement le discours était prévu de longue date. Mais au lendemain de la première grande marche pour le changement, dimanche 20 février 2011, l’intervention du roi Mohamed VI avait tout l’air d’une réponse à la rue qui manifestait la veille. Au final le message se veut rassurant : Mohamed VI a promis de poursuivre les réformes.

Dès la première phrase de son discours, le roi a parlé de «dynamique réformatrice» et de «construction d’une démocratie effective». Les mots «réforme», «démocratie» et «développement» auront structuré l’intervention du roi, qui a également promis  que son «but ultime est d'assurer les conditions d'une vie digne à tous les Marocains et de créer des emplois productifs pour la jeunesse». Au final cette intervention, tout comme l’inauguration du tout nouveau Conseil économique et social lundi 21 février, a sonné comme une réponse directe aux manifestations de la veille.

Par contre le roi n’a pas eu un mot sur une éventuelle réforme de la Constitution, la demande centrale des manifestants. Il n’est donc pas sûr que ces annonces suffisent à calmer ceux qui appellent au changement.

D’ailleurs lundi, dans la journée, des manifestations spontanées se sont poursuivies dans les localités de Bni Bouyach et d’Imzoren dans le nord-est du pays. Dans la capitale, Rabat, les organisateurs de la marche du dimanche 20 février ont tenté de se rassembler de nouveau lundi soir. Cette fois ils ont été immédiatement dispersés par la police et violemment. Quatre personnes au moins ont été blessées par des coups de pied et de matraques. Parmi elles, la présidente de l’Association marocaine des droits humains, Khadija Ryadi.

 Les jeunes du 20 février promettent de se rassembler de nouveau ce mardi à Rabat.