Côte d'Ivoire : un rapport d'Amnesty international renvoie les deux camps dos à dos


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Le camp d’Alassane Ouattara accuse le camp de Laurent Gbagbo d'avoir «réprimé de façon violente», lundi 21 février, des manifestations de ses partisans, faisant plus de 10 morts, certains tués «par des lance-roquettes». Selon plusieurs journaux locaux ivoiriens, au moins 6 personnes ont été tuées lors de cette manifestation. Depuis le début de la crise post-électorale ivoirienne, il y a eu plusieurs violations des droits de l’Homme. Amnesty International vient de rendre public un rapport concernant tout ce qui s'est passé avant, pendant et après la marche des soutiens d'Alassane Ouattara le 16 décembre dernier. Des violations des droits de l'Homme sont observées dans les deux camps.

Gaëtan Mootoo, enquêteur d'Amnesty international, fait le point sur les exactions constatées
10-10-2013 - Par Stanislas Ndayishimiye

Amnesty International épingle le camp de Laurent Gbagbo. Les Forces de défense et de sécurité, qui le soutiennent, sont accusées d’exécutions extrajudiciaires, d’usage excessif de la force et de viols. L’organisation, qui se fonde sur des témoignages, précise que les victimes de ces exécutions ont été tuées au cours de manifestations ou à leur domicile. Selon Amnesty International, parmi les personnes arrêtées à Abidjan par les Forces de défense et de sécurité, certaines ont disparu, d’autres ont été maltraitées, comme deux journalistes de Bouaké, qui sont encore détenus. Amnesty demande leur libération immédiate.

Egalement dénoncées, les violences exercées par les forces armées des Forces Nouvelles, qui soutiennent Alassane Ouattara. Elles se sont rendues coupables de détentions arbitraires, avant même le premier tour de la présidentielle. Et pendant la crise post-électorale en cours, Amnesty évoque des témoignages faisant état de viols et de mauvais traitements commis par des membres de l’ex-rébellion, dans les zones qu’elle contrôle.

Et dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, l’impasse politique actuelle y a exacerbé les tensions interethniques. Meurtres et destructions d’habitations notamment ont eu lieu dans certaines localités, souligne le rapport d’Amnesty International ce qui a entraîné la fuite de 70.000 personnes. Les FDS ont été incapables ou peu disposées à empêcher les affrontements intercommunautaires.