Levée imminente de l'état d'urgence en Algérie


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Le président Bouteflika tient son engagement et lâche du lest en adoptant, en conseil des ministres une ordonnance qui mettra fin à l'état d'urgence en vigueur depuis 19 ans. C’était une des revendications de l’opposition. Sa levée pourrait donner un nouveau souffle à la contestation.

La levée de l’état d’urgence ne pourra plus être une revendication de l’opposition algérienne. En effet, dans cette mouvance, on avait commencé à réactiver ce mot d’ordre à la faveur des émeutes de janvier dernier, et de la révolution du jasmin en Tunisie.

Le président Bouteflika lui a coupé l’herbe sous le pied en s’engageant, le 3 février dernier, à y mettre fin. Ceux qui redoutaient que la promesse mette du temps à se concrétiser sont désormais rassurés. C’est par une ordonnance, publiable incessamment, que le chef de l’Etat algérien met fin à l’état d’urgence en vigueur depuis février 1992.

Cela va donner du souffle à la contestation qui se manifeste ces dernières semaines en Algérie notamment au sein du mouvement associatif et de quelques formations politiques. La fin de l’état d’urgence, conjuguée au contexte politique régional agité, va probablement se traduire par une nouvelle vague de revendications, estiment des militants politiques et syndicaux qui entendent à présent réclamer, haut et fort, l’exercice de tous leurs droits constitutionnels.