La situation en Libye et le discours de Mouammar Kadhafi suscitent de nombreuses réactions


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Mouammar Kadhafi s'est exprimé mardi soir, 22 février 2011, à la télévision d'Etat libyenne. Un discours sans concession dans lequel il a juré de ne pas quitter le pays et de «nettoyer la Libye» de ses opposants, «maison par maison». Les réactions à l‘étranger au discours et au-delà à la situation sécuritaire en Libye.  

Angela Merkel
10-10-2013 - Par Pascal Thibaut

Un discours «très effrayant», voilà comment la chancelière allemande qualifie l'intervention de Mouammar Kadhafi. Pour Angela Merkel, le dirigeant libyen a «pratiquement déclaré la guerre à son propre peuple» et elle demande aux autorités libyennes «l'arrêt de la violence», sinon –dit-elle - nous réfléchirons à des «sanctions».

Sans commenter directement le discours du dirigeant libyen, la secrétaire d'Etat américaine a elle aussi exhorté les autorités de Tripoli à «respecter les droits de son peuple». Hillary Clinton dénonce un «bain de sang totalement inacceptable».

... sans véritable progrès vers des systèmes politiques plus ouverts et plus responsables le fossé entre les peuples et les gouvernements ne peut que se creuser, et l'instabilité s'aggraver.
Hillary Clinton
10-10-2013

Plus mesurée, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton appelle tous les Libyens «à la retenue», sans nommer directement Mouammar Kadhafi. Les Européens sont divisés sur l'opportunité de prendre des sanctions. Malte et l'Italie notamment craignent un afflux de migrants clandestins. Le chef du gouvernement italien s'est d'ailleurs entretenu par téléphone avec Mouammar Kadhafi. Et selon l'agence de presse officielle Jana, le dirigeant libyen aurait «rassuré son ami Silvio Berlusconi en lui disant que la Libye allait bien».

'Nous sommes très préoccupés et le chef du gouvernement est très inquiet", ce sont les premières déclarations du ministre italien de la Défense... à l'issue de la réunion interministérielle qui s'est tenue à Rome. Au cours de cette réunion, un comité permanent de surveillance de la crise en Libye a été mis en place...
Mardi soir, une réunion interministérielle sur la crise libyenne s'est tenue à Rome
10-10-2013 - Par Anne Le Nir

Alors que le Pérou est le premier pays à annoncer une suspension de ses relations avec la Libye, tant que la violence contre le peuple libyen perdure, du côté des organisations internationales, la Ligue arabe et l'Onu prennent également position. 

La Ligue arabe suspend la Libye

La Ligue arabe a annoncé mardi soir, à l'occasion d'une réunion convoquée en urgence

que la participation de la Libye à ses réunions était suspendue «jusqu'à ce que les autorités libyennes acceptent les revendications» du peuple libyen «et assurent sa sécurité».

A New York, le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé «la fin immédiate» des violences en Libye et a demandé à ce que les responsables d'attaques contre des civils répondent de leurs actes. Une condamnation ferme des violences, mais sans actions concrètes.

Pas de sanctions, ni de mesures contre le régime de Mouammar Kadhafi, mais le Conseil de sécurité montre par cette déclaration lue par sa présidente, Maria Luiza Ribeiro, que les Nations unies se sont saisies de la crise libyenne...
Au Conseil de sécurité de l'ONU
10-10-2013 - Par Karim Lebhour