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Afrique

Egypte Littérature

Mohammed El-Bisatie : La faim et l'écriture transforment l’Egypte

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Romancier, nouvelliste, Mohammed El-Bisatie est un des auteurs majeurs de la littérature égyptienne contemporaine. Son nouveau roman, La Faim, raconte une Egypte miséreuse et millénaire, oubliée des touristes et du développement.

« Comme à son habitude quand le pain vient à manquer à la maison, Sakina se lève à l’aube et s’assied sur la mastaba, son voile roulé dans son giron… » Dès les premières lignes, le thème central de la faim s’impose dans le nouveau roman de l’Egyptien Mohammed El-Bisatie. La faim, et ses effets physiques et psychologiques sur les victimes. La Faim est aussi le titre de ce roman bref, qui met en scène la vie quotidienne d’une famille extrêmement pauvre, dans un village du fin fond de l’Egypte millénaire oubliée des touristes et du développement.

Héritier du réalisme à la Mahfouz
 
Dawar masara
Sakina est mère de famille. Avec ses enfants, et son mari qui passe son temps à se curer les dents avec un brin de paille, elle s’est couchée la veille le ventre vide. La nouvelle journée qui commence ne s’annonce guère plus prometteuse. Ses deux fils et son mari qui viennent la rejoindre sur la banquette de brique adossée à leur masure, après une nuit de tourments, ont le regard affamé et perdu. Elle se demande si le jour nouveau qui pointe à l’horizon sera différent des autres, avant de se hâter pour aller mendier quelques croûtes de pain auprès de ses voisines qui ne veulent plus rien lui prêter.

 
Ecrivain engagé, issu des rangs de la génération des années 1960, El-Bisatie s’est spécialisé dans la peinture des marginaux et des plus faibles de la société égyptienne. Plusieurs de ses romans ont été traduits en français : La Clameur du lac (1996), Derrière les arbres (2000), Les Bruits de la nuit (2003) et D’autres nuits (2006). Héritiers du réalisme à la Mahfouz, ses livres s’inspirent aussi des mouvements modernistes qui ont transformé l’écriture romanesque égyptienne au cours des dernières décennies, rompant avec le récit linéaire et la narration omnisciente. 
 
Des situations extrêmes de violence
 
Né en 1937, El-Bisatie reste aussi profondément marqué par le monde misérable des villages de son enfance dans la région de Port-Saïd. Lecteur infatigable de Tchekhov, Gorki, Hemingway et Maupassant, il s’est fait connaître en publiant dès 1967 des nouvelles et des romans brefs, qui donnent à lire des situations extrêmes de violence, de pauvreté et de combats pour la survie opposant les forts et les faibles, les riches et les démunis. L’univers d’El-Bisatie n’est pas pour autant dépourvu de poésie et de dignité, comme on le constate en lisant La Faim, roman tragique mais libre de tout pathos – il était en lice en 2009 pour le Goncourt arabe.
L’action de ce récit d’une centaine de pages se déroule dans un village égyptien sans âge, dominé par la tradition et la puissance de l’argent. Au cœur du village, la maison du notable qui attire les pauvres hères comme Zagloul et Sakina. Zagloul travaille rarement. Sa femme fait vivre la famille d’expédients, de pain et d’eau fraîche. Quand le pain vient à manquer, toute la famille va au lit le ventre vide, rongé par des crampes. La faim et la misère poussent Sakina à frapper à la porte de la grande maison dans l’espoir d’y trouver du travail. Malgré le mépris et l’humiliation dont elle fait l’objet, elle finira par y trouver refuge et repas pendant quelques semaines, avant d’en être chassée à la mort de son propriétaire grabataire.
 
Une constante : les marginaux, les faibles, les vagabonds
 
El-Bisatie ne raconte pas vraiment une histoire. Son roman, réparti en trois courtes séquences, privilégie des points de vue, des expériences de vie qui, par effet d’accumulation, viennent gonfler le récit de l’intérieur. L’objet est de restituer une atmosphère, quasi-féodale, faite de cruauté sociale, de frustrations et de tensions. La configuration mise en place est symbolique de la société égyptienne, hiérarchisée, séparée entre les riches et les pauvres par « une ligne aussi invisible qu’infranchissable ». Une ligne que les pauvres ne franchissent qu’à leurs risques et périls. Une constante d’un roman à l’autre : les marginaux, les faibles, les vagabonds qu’el-Bisatie met en scène ne se départissent jamais de leur sens de dignité. Ils souffrent mais n’acceptent jamais ni la pitié ni l’humiliation. C’est une humanité en attente. Peut-être d’une révolution ! 
 
La Faim, par Mohammed El-Bisatie. Traduit de l’arabe par Edwige Lambert. Actes Sud, 128 pages.

 

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