Au Maroc deux partis apportent leur soutien aux revendications populaires

Ali Bouabid, membre dissident du bureau politique de l'USFP (Union socialiste des forces populaires).
© maghress.com

La pression monte sur le régime marocain. Après la rue, c’est au tour de deux partis politiques, membres du gouvernement, d’appeler à des réformes. Le Mouvement populaire, plutôt conservateur, et le parti socialiste de l’USFP, ex-opposant au régime, ont demandé une réforme de la Constitution. Le 24 février 2011, l'USFP a réclamé qu’un agenda pour des réformes politiques soit fixé. Cette déclaration intervient peu après les manifestations du 20 février dans plusieurs villes du pays.

Le soutien n’est pas négligeable. Avec une quarantaine de sièges au Parlement chacun et leur participation au gouvernement, ces deux partis donnent une nouvelle légitimité au mouvement de réformes.

« Le parti ne voulait pas être en décalage, c’est la pression de la rue qui a fait changer l’USFP (Union socialiste des forces populaires) d’avis » a confirmé à RFI Ali Bouabid, un membre dissident du bureau politique de l'USFP. Selon lui, la demande d’une réforme constitutionnelle est depuis longtemps celle de la base, mais les têtes du parti rechignaient à suivre.

Pour aller plus loin

Même son de cloche du côté du Mouvement populaire pourtant réputé conservateur. « Nous ne voulions pas rater ces circonstance favorables ». De grands changements sont en cours dans le monde arabe, il faut profiter de cette occasion historique a expliqué, Lahcen Haddad, membre du bureau politique du MP à RFI.

Certaines voix plus critiques qualifient ce choix d’opportuniste. Ces dernières années, l’écart entre les partis politiques marocains et le peuple n’a cessé de se creuser. Il eût été dommage de rater cette occasion de regagner en légitimité.

Reste à voir maintenant, comment ces deux partis vont réussir à convaincre le reste du gouvernement à ouvrir un débat sur cette fameuse réforme de la Constitution. Un changement crucial qui doit servir à donner moins de pouvoir au roi et plus de crédibilité aux institutions démocratiques.

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