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Côte d'Ivoire

La situation reste tendue en Côte d’Ivoire


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En Côte d’ivoire, la tension monte ces derniers jours. A Abidjan, depuis le week end, pas un jour sans que des tirs soient entendus dans les quartiers favorables à Alassane Ouattara. Selon l’ONU, les violences de ces derniers jours ont fait au moins plusieurs morts, un bilan difficile à établir. Par ailleurs, un affrontement a eu lieu, jeudi 24 février 2011, dans l’ouest du pays près de la frontière libérienne.

La tension est montée d’un cran depuis la semaine dernière ; elle risque de dépasser le cadre abidjanais pour embraser une grande partie du pays.
Hamadoun Touré
10-10-2013 - Par Cyril Bensimon

Plus les jours passent, plus l’arc de contestation s’étend sur Abidjan. C’est dans les quartiers nord d’Abobo que la tension reste, et de loin, la plus forte. Un commando d’insurgés armés y affronte quasi quotidiennement les forces de défense et de sécurité. Jeudi encore, des tirs nourris ont été entendus dans cette commune pro-Ouattara. Par crainte d’une confrontation massive entre les deux parties, des centaines d’habitants fuyaient la zone jeudi matin. Pour l’heure, il est impossible d’établir un bilan précis du nombre de morts et de blessés causé par les affrontements d’Abobo.

Koumassi et Treichville ont été plus calmes ce 24 février mais, fait nouveau, des violences se sont produites à Attécoubé. Des jeunes pro-Ouattara se sont soulevés, ont enflammé des pneus. Selon un témoin, les forces de l’ordre leur ont répondu par des tirs tendus et plusieurs jeunes sont tombés.

Barricades après les affrontements, dans le quartier de Treichville, à Abidjan, le 24 février 2011. © RFI/Claude Verlon

Si la tension est toujours très vive à Abidjan, jeudi à l’aube une confrontation entre forces de défense et de sécurité et Forces nouvelles a eu lieu entre Danané et Zouan-Hounien, non loin de la frontière libérienne. Les circonstances et le bilan exact de ce combat ne sont pas encore établis de sources indépendantes. Pour l’heure, il est impossible de dire s’il s’agit d’un simple accrochage ou du prélude à un embrasement du front ouest mais l’Onuci ne cachait pas son inquiétude quant à une éventuelle reprise des hostilités entre les deux forces militaires.

A Abidjan, la population de Treichville inquiète

Ce n’est pas le quartier le plus tendu d’Abidjan mais avec ses carcasses de voitures brûlées, ses barricades improvisées et ses traces de pneus enflammés Treichville fait partie des communes qui ont répondu à l’appel à la révolution lancé par Guillaume Soro. Ces derniers jours, les forces de défense et de sécurité font ici régulièrement usages de leurs armes.

« Moi j’ai très peur, lance une habitante. On n’est pas en sécurité, ici, parce qu’on reçoit des bombes lacrymogènes. On a des enfants, ici, alors qu’ils lancent des bombes lacrymogènes, ils tuent des gens. On n’arrive pas à dormir. Vraiment, on a peur, on a très peur ».

Pour un autre habitant la situation est tendue : « chaque matin, il faut que l’on pose des barricades. Et à chaque fois que l’on sort, il y a des chasses à l’homme. Ils passent de portes en portes pour venir frapper et se battre. On a très peur et on fait appel à l’ONU pour venir sécuriser la commune de Treichville ».

Les patrouilles des casques bleus sont rares et pour protéger les jeunes ce sont les Maman RHDP du quartier qui se sont rassemblées ces deux derniers jours devant la caserne de la garde républicaine. Mercredi, pour exiger la libération de leurs enfants et de leurs maris emprisonnés. Jeudi, pour obtenir celle des femmes arrêtées la veille.

« On est là pour une cause bien déterminée. Cette cause bien déterminée est qu’on libère nos femmes, explique une femme dans la foule. Ce sont des mamans, ce sont des femmes qui ont besoin de leur quotidien et on les détient. On n’est pas du tout contents. Donc si on ne les laisse pas sortir dans les deux prochains jours, on va se lever comme une seule personne pour pouvoir libérer nos femmes ».

Finalement ces dames ont eu gain de cause, dix femmes ont été libérées jeudi dans l’après midi.

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