Tunisie : Mohamed Ghannouchi démissionne sous la pression de la rue

Des dizaines de milliers de manifestants massés devant le bureau du Premier ministre de transition, Mohamed Ghannouchi, pour réclamer sa démission, le 25 février 2011 à Tunis.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

Ce sont des cris de joie et des chants de victoire qui ont accueilli à Tunis l'annonce de la démission de Mohamed Ghannouchi. Une décision qui fait suite à une vague de manifestations de rue d'opposants, qui lui reprochaient d'être trop proche de l'ancien régime du président Ben Ali renversé le 14 janvier. Il est remplacé par l’ex-ministre Béji Caïd Essebsi.

Avec notre envoyé spécial à Tunis

En pleine Kasbah, sous les fenêtres de Mohamed Ghannouchi, des milliers de manifestants promettent qu’ils ne baisseront pas pour autant les bras. Ils sont là depuis trois jours, une semaine pour certains. Ils dorment dans des dizaines de tentes plantées là et pour eux, ce départ du Premier ministre n’est qu’une étape. C’était l’une de leurs principales revendications, mais ce n’était pas la seule.

Cette décision est pour l'intérêt du pays, sa révolution et le futur de la Tunisie.
Le Premier ministre démissionnaire, Mohamed Ghannouchi
10-10-2013 - Par RFI

Ils demandent encore la démission de Fouad Mebaza, le président par intérim, et des onze ministres de Mohamed Ghannouchi, ainsi qu’une nouvelle Constitution, une Assemblée constituante et la dissolution du Parlement, toujours dominé par des anciens du parti du président déchu.

Le chef de l'Etat tunisien par intérim, Foued Mebazaa, a annoncé ce dimanche 27 février au soir la nomination de l’ex-ministre Béji Caïd Essebsi, au poste de Premier ministre de transition. Il était ministre du temps d'Habib Bourguiba et premier président de la Tunisie indépendante.