Libye: Washington n'exclut pas une intervention militaire

«Rien n’est exclu tant que le gouvernement libyen continue de menacer et de tuer ses concitoyens», a déclaré Hillary Clinton lors d'une conférence de presse à Genève lundi 28 février 2011.
© Reuters/Denis Balibouse

L'Union européenne a adopté des sanctions contre le colonel Mouammar Kadhafi et vingt-cinq de ses proches en Libye. Les mesures comprennent un embargo sur les ventes d'armes, un gel des avoirs et une interdiction de visa. Les Etats-Unis veulent des mesures supplémentaires, ils n'excluent aucune possiblité ni même militaire contre le pouvoir libyen. Pour la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton « le colonel Kadhafi doit partir immédiatement. L'exil est une posssibilité ».

Avec notre correspondant à Washington, Raphaël Reynes

Le Pentagone l'a annoncé ce lundi 28 février 2011 : l'armée américaine a entrepris de redéployer ses forces aériennes et maritimes autour de la Libye. Une annonce qui intervient alors que de plus en plus de voix s'élèvent aux Etats-Unis pour réclamer une intervention plus appuyée de la part de Washington.

« Il faut reconnaitre le gouvernement de transition comme le gouvernement légitime de Libye », ont ainsi réclamé deux sénateurs indépendants américains. Les très influents Joe Lieberman et John McCain appellent l'administration Obama à offrir une aide humanitaire mais aussi une aide militaire à l'opposition. « Faut-il envoyer des armes aux rebelles libyens ? », s'interroge ce lundi la presse américaine.

La Maison Blanche en contact avec certains groupes rebelles

Cette déclaration a été faite ce lundi par le porte-parole de Barack Obama. Mais Jay Carney ajoute qu'il serait « prématuré » d'envisager une quelconque reconnaissance de l'un de ces groupes. Pour l'instant, ce qui est à l'étude, c'est plutôt la mise en place de cette zone d'exclusion aérienne, au-dessus de la Libye. Avec pour objectif d'empêcher les bombardements par l'armée libyenne.

L'hypothèse d'une intervention militaire est donc encore assez éloignée. Mais elle n'est pas exclue. Hillary Clinton l'a encore évoquée, ce lundi, à Genève. Les Etats-Unis entendent faire monter la pression sur le colonel Kadhafi et sur ceux qui lui sont encore fidèles.

Les Etats-Unis sont également inquiets de la situation humanitaire dans le pays. Deux équipes de spécialistes vont être envoyées aux frontières égyptienne et tunisienne, a annoncé aussi Hillary Clinton.

Avec notre correspondant à Genève, Laurent Mossu

« Il faut explorer toutes les options, rien n’est exclu tant que le gouvernement libyen continue de menacer et de tuer ses concitoyens ». La formule ainsi avancée par Hillary Clinton tend à accentuer la pression sur Mouammar Kadhafi. La secrétaire d’Etat américaine a semble ouvrir la voie à une possible opération militaire pour mettre un terme à la terrible répression exercée sur le peuple.

Les consultations menées à Genève en marge du Conseil des droits de l’homme ont essentiellement porté sur une éventuelle interdiction de survol de la Libye pour empêcher le massacre des civils. Cette éventualité a fait l’objet d’un examen très attentif de ministres occidentaux parmi lesquels figuraient l’australien, l’allemand, le britannique, l’italien et le français.

Aucune décision n’a été prise si ce n’est qu’une telle action devrait, pour être lancée bénéficier du feu vert préalable du Conseil de sécurité des Nations unies.

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