L’armée américaine prend position autour de la Libye

Le porte-avions américain Enterprise.
© AFP/JOSE JORDAN

Les Etats-Unis font monter la pression sur Kadhafi. Des forces navales et aériennes sont déployées au large de la Libye, a indiqué le Pentagone le 28 février à Washington. Officiellement, ce dispositif est déployé pour des raisons humanitaires. Mais à Genève, où elle assistait au Conseil onusien des droits de l'homme, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton n'a pas exclu la possibilité d'une intervention militaire américaine.

Avec notre correspondant à Washington, Raphaël Reynes

Deux navires, le porte avions Enterprise et le porte-hélicoptères Keasarge sont actuellement dans la région, respectivement en mer Rouge et en Méditerranée. Les bases de la 6e Flotte de l'US Navy à Naples, en Italie, pourraient être utilisées comme point de départ de toute action militaire.

Avec ce redéploiement annoncé, les Etats-Unis affichent clairement qu'ils n'excluent aucune hypothèse. Pas même celle d'une intervention militaire. Hillary Clinton l'a encore répété, le 28 février, à Genève en marge du Conseil onusien des droits de l'homme. Mais la secrétaire d'Etat précise, tout de même, qu'aucune action militaire n'est imminente.

Pour l'instant, ce qui est à l'étude, c'est toujours la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne, au-dessus de la Libye. Un projet qui pourrait être mis en place avec l'aide de la France et de l'Italie.

Les Etats-Unis se disent également inquiets de la situation humanitaire dans le pays. Dix millions de dollars ont été débloqués pour des opérations d'urgence dans la région. Et deux équipes de spécialistes vont être envoyées aux frontières égyptienne et tunisienne, a annoncé Hillary Clinton. De son côté, le Trésor américain a annoncé avoir gelé 30 milliards de dollars d'avoirs financiers libyens. C'est le plus important gel de fonds jamais réalisé en vertu d'un programme de sanctions, aux Etats-Unis.

A Benghazi, l’éventualité d’une intervention militaire divise la population

Avec notre envoyé spécial à Benghazi

L’annonce de Washington ne fait pas l’unanimité devant le Quartier général de la révolution où se rassemblent par centaines les opposants à Mouammar Kadhafi tous les jours.

Certains estiment que seule une intervention militaire parviendra à faire tomber Kadhafi : « Si nous n’y arrivons pas tout seul, l’aide américaine sera la bienvenue », nous a dit un avocat. « Kadhafi est un serpent et les Américains peuvent lui couper la tête », a surenchéri un jeune qui collait des affiches révolutionnaires.

Son amie Raja n’est pas d’accord : « On a commencé tout seul, on terminera tout seul ». Un maçon à la retraite a acquiescé : « On s’est débarrassés des colons italiens tous seuls, on se débarrassera de Kadhafi sans aide extérieure ».

Pour ce qui est du Conseil national de la transition, il ne souhaite pas émettre de commentaires sur la question pour le moment. L’un des vingt membres du Conseil nous a dit que le Conseil devait au préalable consulter le peuple qui est divisé sur la question.

L’annonce de Washington semble donc mettre le Conseil dans l’embarras. A défaut de se tourner vers Washington, le Conseil se tourne vers La Haye. « Nous souhaitons que le Tribunal pénal international s’empare du dossier Kadhafi. Nous souhaitons qu’il soit traité comme un criminel de guerre », a déclaré un autre responsable du Conseil.
 

L'ambassadeur de Libye en Afrique du Sud appelle Kadhafi à démissionner

Le doyen des ambassadeurs en Afrique du Sud, Abdallah Alzubedi, demande au colonel Kadhafi de prendre la décision qui s’impose dans l’intérêt du peuple libyen et de démissionner :

« Nous demandons en tant que mission diplomatique en Afrique du Sud que le leader libyen prenne les décisions dans l’intérêt du peuple libyen, il doit quitter le pouvoir. Notre peuple est tué, attaqué : des manifestants civils et pacifiques. Ce n’est pas acceptable du tout ».

Abdallah Alzubedi appelle la communauté internationale à se montrer solidaire du peuple libyen. En revanche, il se refuse à démissionner pour l’instant, contrairement à ce qu’on fait plusieurs autres ambassadeurs à travers le monde.
 

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