Libye : l’or noir sous le contrôle de l’opposition

Le port de Tobrouk.
© Photo/Wikipédia

Alors que le soulèvement entre dans sa 3e semaine, les insurgés semblent tenir la majeure partie du pays. Les villes de Nalout, Zawiyah, même Misrata seraient sous leur contrôle. L'opposition aurait aussi la main mise sur les champs pétroliers, et annonce même avoir fait repartir la production du brut. De son côté, Mouammar Kadhafi qui, lui, s’accroche toujours au pouvoir, déclare dans un nouvel entretien accordé à des médias étrangers, «mon peuple m'adore, il mourrait pour me défendre». Des déclarations jugées «délirantes» par l'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice.

Les exportations de pétrole brut, interrompues depuis plusieurs jours, reprennent à Tobrouk, ville portuaire de l'Est de la Libye sous contrôle des insurgés. Un tanker transportant 700 milles barils de pétrole a déjà quitté ce port.

Deux autres sont en cours de chargement, confirme Luis Mattheys de la société Reverlake, une société de courtage en fret maritime basée à Genève, l’un vers l’Espagne, l’autre, vers la Chine. Mais pour le moment « c’est du pétrole brut qui sort du port de Tobrouk, pas de produits raffinés pour l’instant ».

Si la semaine dernière, aucun bateau n’a pu partir de Libye chargé de brut, il y avait plusieurs raisons, explique Pierre Terzian, directeur de la publication Pétro stratégie :

« Premièrement pour des raison climatiques. La semaine dernière plusieurs ports et terminaux libyens n’étaient pas accessibles aux navires. Deuxièmement, par suite de la réduction de la production, certains terminaux recevaient moins de brut »

Pour aller plus loin

Les troubles actuels en Libye se sont traduits par une réduction de moitié de la production de pétrole du pays, a estimé lundi l'Agence internationale de l'énergie Mais pour Reverlake, cette réduction serait plus importante, de l’ordre de 75%.

Mais pour Francis Perrin, directeur de la revue, Pétrole et Gaz arabes,  malgré cette baisse, le but des opposants libyens est d'assécher économiquement le régime Kadhafi. Sur le terrain, maintenant qu'ils contrôlent tout l'est du pays, ils ont la main sur les principaux sites pétroliers, la principale ressource du pays.
 

Quand on regarde une carte de la Libye, il paraît tout à fait évident que le chef de l'État aujourd'hui ne contrôle quasiment plus les actifs pétroliers et gaziers.

Francis Perrin, directeur de la revue «Pétrole et gaz arabes»
01-03-2011

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.