Libye : les Etats-Unis déploient des marines en Méditerranée


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Le secrétaire d'Etat à la Défense, Robert Gates, a confirmé le 1er mars que l'USS Keasarge, avec des centaines de marines à bord, s'apprêtait à passer le canal de Suez. Le  porte-hélicoptères et les deux autres navires qui l'accompagnent se trouvaient en mer Rouge et vont donc être redéployés au large de la Libye, en Méditerranée. Une flotte qui pourra apporter un soutien tant humanitaire que militaire. Parmi les autres mesures envisagées contre la Libye, une zone d'exclusion aérienne, mais pour le moment, cette suggestion, tout comme l'éventualité d'une intervention militaire, ne remportent pas l'adhésion de la communauté internationale, alors que l'administration Obama accentue ses pressions pour pousser Mouammar Kadhafi à lâcher le pouvoir.

Avec notre correspondant à Washington, Raphaël Reynes

Robert Gates le reconnaît, il n'y a pas de consensus, au sein de l'OTAN, en faveur d'une intervention militaire. Le secrétaire d'Etat américain à la Défense ajoute que la résolution adoptée le 26 février par le Conseil de sécurité de l'ONU ne contient, elle non plus, aucun mandat, pour une éventuelle opération armée en Libye.

Même la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne reste très hypothétique. Elle est compliquée à réaliser et lourde de conséquences, reconnaît Robert Gates.

J'ai donné l'ordre à plusieurs navires militaires de se rendre en Méditerranée. L'USS Keasarge et son escorte entreront en Méditerranée sous peu et nous apporterons les ressources nécessaires à des opérations d'évacuation d'urgence ou d'intervention humanitaire.
Robert Gates, secrétaire d'Etat américain à la Défense
10-10-2013

Les Etats-Unis sont, par ailleurs, favorables à ce qu'une nouvelle enquête soit menée sur le rôle de Mouammar Kadhafi dans l'attentat de Lockerbie. L'ex-ministre libyen de la Justice, Moustapha Abdel Jalil, affirme avoir la preuve que le dirigeant a personnellement ordonné l'attentat qui avait fait 270 morts en Ecosse, en 1988. La secrétaire d'Etat américaine a accepté la demande formulée par les représentants qu'une enquête soit donc ouverte.

Hillary Clinton souligne l'importance des enjeux en cours : « Dans les années à venir, la Libye pourrait devenir une démocratie pacifique ou s'enfoncer dans une guerre civile prolongée » et sombrer dans le chaos, a déclaré la chef de la diplomatie américaine ce mercredi.