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Egypte

Egypte : Essam Charaf, un nouveau chef du gouvernement réputé intègre


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Ils réclamaient sa démission depuis le départ du président Moubarak : à la plus grande satisfaction des mouvements d'opposition, Ahmad Chafic, qui avait été nommé par Hosni Moubarak quelques jours avant son départ, a démissionné ce jeudi 3 mars 2011. Le Conseil suprême des forces armées a annoncé son remplacement par Essam Charaf, une personnalité populaire parmi les manifestants.

La nomination d'Essam Charaf va-t-elle satisfaire les révolutionnaires de la place Tahrir ? L'homme, comme l'explique le professeur de sciences politiques Mustafa Kamel el Saïd a d'abord une qualité essentielle : « Il faut signaler que Essam Charaf est un civil ! ». Contrairement à son prédécesseur, Essam Charaf, professeur à la faculté d'ingénierie du Caire, n'est donc pas un ancien militaire. Mais ce n'est pas son seul atout ajoute Mustafa Kamel el Saïd : « Il a une bonne réputation et est un homme honnête. C’est aussi un technocrate ».

Essam Charaf a acquis sa réputation d'homme intègre pendant son court passage au gouvernement, de juillet 2004 à fin décembre 2005, explique notre interlocuteur : « Il était alors ministre des Transports mais n’est pas resté très longtemps (au gouvernement)… Le fait qu’il a quitté son poste parce que ses idées n’étaient pas acceptables pour Gamal Moubarak lui donne, je pense, une bonne réputation au sein de l’opinion publique en Egypte ».

Essam Charaf, qui ne sera, en principe, qu'un Premier ministre éphémère, le temps de la transition, est chargé de nommer une nouvelle équipe gouvernementale. Les manifestants réclament un gouvernement composé uniquement de civils, de technocrates et de personnalités qui n'ont surtout aucun lien ni avec le monde des affaires, ni avec l'ancien régime.

Les Egyptiens restent sur leur faim

Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

Le gouvernement n’était pas encore formé que des milliers de jeunes s’étaient déjà réunis place Tahrir peu avant minuit. Ils reprenaient en chœur les slogans diffusés par hauts parleurs : « le gouvernement, tous des voleurs, le gouvernement, tous des brigands ». Un signe, s’il en faut, du manque de confiance entre les manifestants et les autorités quelles qu’elles soient.

Les intellectuels proches de la révolution sont déçus. Ils espéraient voir un nouveau Premier ministre «avec une vision» qui marquerait une vraie rupture et non un «technocrate». L’opposition reste elle aussi sur sa faim. Elle réclame un gouvernement d’union nationale pour sortir le pays de l’insécurité et du marasme économique.

Cette anarchie croissante, dans un pays qui n’était déjà pas un modèle d’ordre, commence à préoccuper une partie de l’opinion. Ceux qui ont un travail, en haut ou au bas de l’échelle sociale, commencent à se demander «mais que veulent vraiment les jeunes ? »

 

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